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"Un lieu incertain", dernier né de Fred Vargas

par Marie Catherine Chevrier, dimanche 7 septembre 2008

Fred Vargas, l’archĂ©ologue Ă©crivaine, nous entraĂ®ne dans « Un lieu incertain », d’Ouest en Est, sur la piste des vampires.
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Le nouveau Fred Vargas, « Un lieu incertain », la livraison de cette annĂ©e, est particulièrement rĂ©ussi. L’équipe du commissaire Adamsberg prend de l’épaisseur. L’intrigue, bien que complexe, se dĂ©roule d’évidence et emmène le spectateur aux confins des Carpates le plus naturellement du monde. Il semble banal que l’ombre de Dracula plane sur l’étrange commissaire.

L’affaire commence par un colloque europĂ©en Ă  Londres dont Jean-Baptiste Adamsberg n’a rien Ă  faire. Il rĂ©prouverait mĂŞme. Le sujet : « Harmoniser les flux migratoires » ou, en clair, comment lutter de concert contre l’immigration clandestine. Sont prĂ©sents le commissaire, Danglard, le fidèle second et Estalère, le brigadier aux grands yeux juvĂ©niles. Mais cette virĂ©e anglaise les amène au cimetière de Higtgate, haut lieu du macabre londonien. Comme si cela ne suffisait pas, par une nuit sans lune, Adamsberg, son adjoint Danglard et son alter ego britannique dĂ©couvrent Ă  la porte du dit cimetière des paires de chaussures garnies de leurs pieds. Oh ! misère, Danglard a reconnu non pas un pied, mais une chaussure. Elle aurait appartenu Ă  un de ses oncles yougoslaves. Quand l’heure du retour a sonnĂ©, c’est avec satisfaction que le commissaire reprend le shuttle. Mais hĂ©las, Ă  son arrivĂ©e, un crime horrible et sanguinolent l’attend. Les pieds anglais, c’était de la roupie de sansonnet.

Les personnages se mettent en place. Ne pas se fier aux apparences. L’équipe du commissaire est Ă  nouveau au complet. La RĂ©tencourt, grenadier de la garde, la clope au bec, et ressuscitĂ©e d’entre les morts, veille au bien ĂŞtre du commissaire. NoĂ«l, le brutal, aurait Ă©tĂ© virĂ© de n’importe quelle Ă©quipe normalement constituĂ©e, mais Adamsberg pense qu’un gros mĂ©chant qui ne s’embarrasse pas de pĂ©riphrases, cela a aussi son intĂ©rĂŞt. Danglard, le dandy fin lettrĂ© et pochtron, ne tiendrait pas quinze jours dans un commissariat normal. Non parce qu’il est pochtron, mais surtout parce qu’il est une Encyclopedia Universalis sur patte. C’est lui qui connaĂ®t tout des vampires. Estalère est le candide de l’équipe ; Mordent, le père noble qui dĂ©raille ; Mercadet a Ă©tĂ© piquĂ© par une mouche tsĂ©-tsĂ© et passe le plus clair de son temps Ă  dormir. Entre deux sommes, il a des intuitions gĂ©niales. Et j’en oublie. A cela, vous rajoutez un gros chat lĂ©thargique et amoureux, et un petit chien de passage qui rĂ©pond au doux nom de Cupidon.Toute cette Ă©quipe est fondamentalement politiquement incorrecte. A commencer par ce commissaire qui semble indiffĂ©rent aux autres, mais Ă  qui rien n’échappe. Jean-Baptiste s’humanise. Il prend conscience que, sans Danglard et les autres, son seul cerveau ne suffirait pas ; et il n’est pas mĂ©content de ses rĂ©sultats, très au-dessus de la moyenne, avec cette Ă©quipe de bric et de broc.

En fait, ce « Lieu incertain » n’est pas si incertain que cela. Il y a un lieu pour tout le monde, il suffit de le trouver, dans la vie selon Adamsberg. Quand vous ouvrez le livre, prĂ©voyez une nuit blanche. Il est difficile de le refermer avant de l’avoir fini.

Un lieu incertain – Ed. Viviane Hamy – 390 p. – 18 €

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