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A vos plumes Une brêche à l’île aux CanardsUn récit de Nicole Calandra. Nouvelle Calédonie lundi 12 mai 2008 Saurais-je un jour le nombre de pas que je parcourus ce jour là pour faire le tour de l’île aux Canards ?
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Saurais-je un jour le nombre de pas que je parcourus ce jour là pour faire le tour de l’île aux Canards ? Je ne m’en étais jamais préoccupée avant d’y débarquer avec toutes mes affaires de plage. Mais je puis vous assurer que lorsque, le soir même, je repris le petit bateau taxi à la peinture jaune écaillée, je ne savais plus quoi penser de ce qui venait de se passer…
Nous avions accosté sur la plage, face au faré, aux premières lueurs de l’aube, heure où la mer est encore plate, vierge de toutes traces humaines. Folle de joie à l’idée de laisser dernière moi, pour toute une journée, la ville de Nouméa et ses innombrables soucis, je savourais la traversée et le paysage. A cette heure, l’île aux Canards, comme toute île, donne cette impression fugitive que vous venez de vous inviter chez Robinson Crusoé et surtout que vous êtes seule au monde. Il suffit pour cela de quelques pas dans le sable, de contourner le faré, de tourner le dos à la ville et de lever les yeux sur l’horizon.
C’est à partir de ce moment que tout à commencé. Au détour d’un buisson qui semblait prêt à s’enflammer tant la chaleur était déjà intense, à quelques mètres de moi, un homme marchait sur la grève, solitaire. Je ne le distinguais pas exactement car j’avais le soleil levant qui m’éblouissait les yeux, mais sa silhouette élancée attira mon attention. Je l’observai quelques minutes puis baissai la tête sur un “ tricot rayé ” se frayant un passage entre deux bois flottés et qui regagnait péniblement la mer. Lorsque je la relevai, l’homme avait disparu. Qui pouvait-il bien être ? J’avais fait partie du premier arrivage sur l’île et je ne l’avais pas remarqué parmi les trois passagers qui avaient fait le voyage avec moi. Intriguée, je continuai néanmoins ma promenade, avec la ferme intention de profiter pleinement de ma journée. Le tour de l’île fut vite fait et je me retrouvai à mon point de départ quelques minutes plus tard. Je m’installai au petit bar sous le faré pour déguster un café crème avant d’aller m’allonger sur un transat. La veille, j’avais soigneusement choisi un livre, élément indispensable à mon confort et me régalais d’avance à sa lecture.