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Venise Baroque - Splendeurs et Illusions

par Nicole Salez, lundi 23 novembre 2009

Le Seicento (le XVIIe siècle) vénitien confond augures, rêves et illusions avec la réalité concrète, politique ou sociale. Il a eu pour mots d’ordre l’excès et l’emphase. L’intention était claire : il s’agissait de susciter l’émerveillement. Et pour ce faire, la ville s’est mise en scène. Beau livre, "Venise baroque" est aussi une étude très approfondie du baroque vénitien, à travers l’architecture, la peinture et l’utilisation de matières luxueuses.
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Dans l’histoire complexe de Venise, le Seicento – le XVIIe siècle– n’est pas un siècle comme les autres : il a offert à la République la toute dernière occasion de réagir, y compris par les arts, à l’inéluctable destin qui l’a reléguée dans un rôle de plus en plus marginal par rapport aux événements politiques européens.

C’est une période bien particulière, soucieuse de marquer visuellement le tissu de la ville par les signes majestueux du triomphe. Le Seicento vénitien qui confond augures, rêves et illusions avec la réalité concrète, politique ou sociale, a eu pour mots d’ordre l’excès et l’emphase. Un goût certain pour la profusion ornementale, le grotesque et le bizarre. Un désir effréné de « croître en grandeur ».

L’intention était claire : il s’agissait de susciter l’émerveillement. Et pour ce faire, la ville s’est mise en scène. L’étonnante « représentation théâtrale » qui se déploie ainsi à l’intérieur mais aussi à l’extérieur des édifices finit par se diffuser dans tout Venise. Le baroque qui s’y décline est étroitement lié à la nature même de la ville, « fondée sur l’impossible », et à l’eau bien sûr, sa consistance si spécifique.

Au fil des ans, la vocation se tarit, l’élan triomphant s’épuise mais vers la fin du le XVIIe siècle et à l’aube du siècle suivant, on voit s’insinuer au côté du baroque un registre différent, plus détendu, dicté par l’esthétique naissante, le rococo, qui abandonne la fastueuse symétrie du baroque pour se tourner vers les petites choses et l’éphémère des sens, l’intime et l’impalpable.

C’est dans ce contexte que la République, ayant abandonné tout désir de puissance, s’est refermée sur une magnifique et imperturbable neutralité qui lui sera bientôt fatale.

Les auteurs

Filippo Pedrocco, historien d’art vénitien, est le directeur du musée du XVIIe siècle, la Ca’Rezzonico, à Venise. Il a notamment publié de nombreuses monographies sur d’éminents représentants de l’école vénitienne, de la Renaissance au XVIIe siècle.

Massimo Favilla a enseigné l’architecture urbaine et territoriale à l’université IUAV de Venise. C’est à l’université Ca’Foscari qu’il dispense actuellement des cours d’histoire de la critique d’art.

Ruggero Rugolo a enseigné l’Histoire de l’art moderne à l’Université Ca’Foscari. Il travaille maintenant à l’Institut Venète des Sciences, Lettres et Art de Venise.

Le photographe

Luca Sassi est photographe et éditeur ; il publie des livres d’art consacrés à l’architecture et à la photographie

- Venise baroque, splendeurs et illusions vénitiennes
- Auteurs : Filippo Pedrocco, Massimo Favilla , Ruggero Rugolo/ Photographe : Luca Sassi
- Editions Citadelles et Mazenod
- 272 pages
- Format : 27,5 x 32,5 cm (format Sicile baroque)
- Reliure : relié sous jaquette illustrée
- Parution : 2009
- Prix TTC : 75 €

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