Vous avez dit fĂ©ministe ?Assises de l’Institut Emilie du Châtelet (IEC) par Nicole Salez, samedi 16 octobre 2010 "Vous avez dit fĂ©ministe ?", tel est le thème des prochaines assises de l’Institut Emilie du Châtelet (IEC) pour le dĂ©veloppement et la diffusion des recherches
sur les femmes, le sexe et le genre, qui se tiendront les lundis 4, 11, 18, et 25 octobre 2010. L’occasion d’identifier quelques-uns des domaines (travail, vie privĂ©e, culture...) dans lesquels l’intervention fĂ©ministe est requise, et les formes qu’elle
peut prendre, 40 ans après la création du MLF (Mouvement de Libération des Femmes).
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Si, dans les quarante dernières années, le mouvement des femmes a fait progresser l’égalité entre les sexes, le féminisme reste plus que jamais d’actualité en ce début de XXIe siècle, affirme l’Institut Emilie du Châtelet (IEC). Les troisièmes Assises de l’Institut seront l’occasion d’identifier quelques-uns des domaines dans lesquels l’intervention féministe est requise, et les formes qu’elle peut prendre.
Si la question de l’égalitĂ© au travail se pose toujours, elle ne peut aujourd’hui se dĂ©cliner sans intĂ©grer la question de la prĂ©caritĂ©, de la mondialisation, et celle de l’imbrication des discriminations de classe, de « race » et de genre. Dans ce contexte, le droit est de plus en plus sollicitĂ©. MalgrĂ© tous les changements sociaux et les acquis du fĂ©minisme, le privĂ© reste encore un lieu oĂą s’enracinent bien des blocages. Pourtant de nouvelles formes de parentalitĂ© apparaissent. Des modèles de socialisation non sexistes peuvent-ils Ă©merger ? Pendant les dernières dĂ©cennies, une certaine institutionnalisation du fĂ©minisme s’est produite, qui a donnĂ© naissance Ă des structures plus ou moins pĂ©rennes et Ă des politiques d’égalitĂ©. Quel est le bilan de ce fĂ©minisme institutionnel ? Les institutions ont-elles inflĂ©chi l’action du fĂ©minisme militant ? Enfin, si le fĂ©minisme a mis en cause la domination du masculin dans la culture hĂ©gĂ©monique, bien des domaines, Ă l’instar des arts et des sciences, restent profondĂ©ment marquĂ©s par des prĂ©supposĂ©s androcentrĂ©s. Comment agissent les fĂ©ministes dans le domaine culturel ?
Quatre après-midi de débats sont proposés, correspondant chacun à une de ces grandes questions. Les séances comprendront deux tables rondes, organisées autour de chercheur-e-s et de membres de la société civile et politique.
L’objectif est de permettre des échanges croisés avec le public et de faire surgir des propositions et des suggestions d’actions.
Lundi 4 octobre 2010 : Travail mondialisé, inégalités et droit : les nouveaux contours de l’engagement féministe
Lundi 11 octobre 2010 : Vie privée, révolutions et résistances : le privé est-il toujours politique ?
Lundi 18 octobre 2010 : Le féminisme est-il soluble dans l’institution ?
Lundi 25 octobre 2010 : FĂ©minismes, culture et contre-cultures ; « L’avenir de l’homme n’est plus ce qu’Elle Ă©tait »

Les nouveaux contours de l’engagement féministe
Cette première séance des Assises porte sur le travail et s’articule autour d’un défi et d’un espoir. D’un défi car le contraste ne cesse de s’accroître en Europe et en France entre la situation des femmes cadres et dirigeantes et celle des femmes peu qualifiées et précaires, auxquelles il faut adjoindre un grand nombre de femmes migrantes. Comment appréhender du point de vue de l’engagement féministe la communauté et la diversité des enjeux associés à cette polarisation de la situation des femmes ?
Comment envisager un renouvellement des problématiques féministes, qui prenne en compte à la fois les revendications en matière d’accès aux postes de décision et la question de la précarité et de la mondialisation ?
Mais d’un espoir aussi, car le droit est de plus en plus sollicité comme l’ultime recours dans la lutte contre les discriminations et les inégalités. Enjeu de luttes féministes dans de nombreux domaines, il a pu être considéré comme peu efficace ou secondaire pour une véritable transformation du statut des femmes dans la sphère du travail. Comment peut-on aujourd’hui concevoir une approche féministe du droit dans le domaine du travail et de l’emploi et quels sont les enjeux, les instances, les démarches qui peuvent donner corps à une telle approche ?
Coordination : Jacqueline Laufer, Martin Clément, Thomas Lancelot, Catherine Louveau
Première table ronde : Entre précarité et plafond de verre, un monde du travail éclaté
Deuxième table ronde : Combat féministe et mobilisation du droit

Le privé est-il toujours politique ?
Après 40 ans de rĂ©volutions fĂ©ministes, le privĂ© est-il toujours politique ? Derrière le slogan du Mouvement de libĂ©ration des femmes, « le privĂ© est politique », il y avait l’idĂ©e que les grossesses non dĂ©sirĂ©es, les avortements clandestins, les rapports sexuels, la vaisselle et le mĂ©nage, les maternitĂ©s et les soins aux enfants n’étaient pas des problèmes de femme et d’intimitĂ© mais bien des problèmes de sociĂ©tĂ©.
En somme, les agencements privés ne relevaient pas de la Nature, mais de choix sociaux, culturels et politiques. De nombreux changements ont transformé la vie des femmes ces dernières décennies. Mais les acquis du féminisme, les politiques égalitaires, le discours institutionnel sur la parité politique et sur l’égalité salariale ont-ils eu un impact sur ce qui se trame dans les lits, dans les chambres, dans les cours des écoles, là où tout commence ?
Malgré des changements notables dans le domaine de la parentalité, le questionnement des identités de genre et la mise à l’ordre du jour de la lutte contre l’homophobie, le privé reste le lieu où s’enracinent encore bien des blocages. Existe-t-il des contre-modèles aux normes sexistes ? Comment s’élaborentils au quotidien dans une société où les frontières du privé et du public sont en mutation constante ? Cette deuxième séance questionne les nouvelles formes de la parentalité et envisage les modèles non sexistes qui peuvent être proposés. On s’interrogera sur la manière dont la vie privée s’en trouve bousculée, modifiée, transformée…
Coordination : Anne-Claire Emo, Florence Rochefort, Nicole Savey, Anne-Marie Viossat
Première table ronde : La parentalité en question ?
Deuxième table ronde : Quels contre-modèles face au sexisme ordinaire ?

Les années 1980 ont marqué un tournant vers l’institutionnalisation du féminisme dans le sillage de la mobilisation des mouvements de femmes. Aux plans européen, national, régional ou communal, ce processus a donné naissance à des structures plus ou moins pérennes (service des droits des femmes, ministères, associations avec mission de service public, instances consultatives…) et à des politiques publiques ciblées et à visée égalitaire.
Ces modes différents de féminisme institutionnel ont été et sont encore largement irrigués, inspirés et soutenus par le militantisme, lui-même remodelé par l’importance des initiatives institutionnelles. Dans ce domaine, les institutions européennes sont devenues une force non négligeable, même si les modalités que prennent les féminismes militant et institutionnel continuent à varier d’un pays à l’autre. Au cours de cette troisième séance, on tentera un bilan, en se demandant d’abord quels changements sociaux le féminisme institutionnel a produit. Les orientations, les thèmes et les modes d’action du féminisme militant se sont-ils transformés au contact des institutions ? Où en sont les politiques publiques sur le genre ? On s’intéressera notamment aux questions de la violence, de l’IVG et de la parité. Quelle incidence l’institutionnalisation a-t-elle sur la production des savoirs sur les femmes et le genre ? Sur toutes ces questions, la situation française sera mise en perspective à travers une comparaison internationale.
Coordination : Florence Rochefort, Mathieu Arbogast, Michel Bozon
Première table ronde : Les politiques publiques saisies par le féminisme
Deuxième table ronde : Féminisme, savoirs et institutions

« L’avenir de l’homme n’est plus ce qu’Elle Ă©tait »
Depuis les annĂ©es 1970, le fĂ©minisme dans sa pluralitĂ© a remis en question la prĂ©tendue neutralitĂ© de la culture, en rĂ©vĂ©lant tout particulièrement son caractère androcentrĂ©. Combien de femmes trouve-t-on dans les histoires de l’art ou de la musique ? Combien dirigent des institutions culturelles ou de grandes Ă©quipes scientifiques ? Combien de femmes parmi nos quarante "immortels" acadĂ©miciens français ? Cinq seulement…
Ces constats ne doivent cependant pas occulter les avancĂ©es dues aux rĂ©flexions fĂ©ministes. Elles ont gĂ©nĂ©rĂ© un vaste rĂ©seau d’Ă©changes traversant les diffĂ©rents champs culturels, revivifiant thĂ©ories et pratiques, recherches et crĂ©ations. Dans des espaces d’une grande crĂ©ativitĂ©, mais souvent Ă la marge des institutions, le fĂ©minisme a questionnĂ© la culture officielle, Ă©litiste ou populaire, dans ses contenus, ses mĂ©thodes et ses postulats. Cependant les apports du fĂ©minisme sont insuffisamment intĂ©grĂ©s et parfois mĂŞme vidĂ©s de leur substance et de leur portĂ©e. De fortes rĂ©sistances perdurent. Les contre-cultures fĂ©ministes ont pourtant initiĂ© des perspectives et des champs inĂ©dits, comme les Ă©tudes de genre.
Trois domaines seront interrogĂ©s pour y mesurer les remises en causes opĂ©rĂ©es, mais aussi la persistance de pratiques et reprĂ©sentations androcentrĂ©es : l’histoire, les arts et les sciences. Les tables rondes de cette sĂ©ance aborderont les questions suivantes : Comment le fĂ©minisme at- il contribuĂ© Ă un renouvellement des savoirs et des pratiques ? En quoi a-t-il permis le dĂ©veloppement de rĂ©seaux transdisciplinaires et favorisĂ© une circulation des cultures scientifique et artistique selon de nouvelles modalitĂ©s ? Comment se sont constituĂ©s et se constituent aujourd’hui les espaces des contre-cultures fĂ©ministes ? Enfin, y a-t-il de nouvelles formes de rĂ©sistance aux idĂ©es fĂ©ministes ?
- Coordination : Hélène Marquié, Evelyne Peyre, Joëlle Wiels, Nicole Savey
Première table ronde : Un petit pas pour les femmes, un grand pas pour les sciences
Deuxième table ronde : Les avant-gardes sont derrière nous

L’Institut Émilie du Châtelet (IEC) est nĂ© en 2006, Ă l’initiative du Conseil rĂ©gional d’ĂŽle-de-France. Sa crĂ©ation s’inscrit parmi diffĂ©rentes initiatives visant Ă combler le retard de la France en matière d’Ă©tudes sur les relations hommes-femmes et la contrainte de genre ; des Ă©tudes en plein essor dans la plupart des pays dĂ©veloppĂ©s, en raison de leur intĂ©rĂŞt tant scientifique que sociĂ©tal.
L’IEC a pour objectifs la promotion des recherches sur les femmes, le sexe et le genre ; leur intĂ©gration au corpus des savoirs communs ; le dĂ©veloppement de ces recherches dans toutes les disciplines ; la multiplication des enseignements sur ces savoirs ; la synergie entre le monde de la recherche et les acteurs sociaux, Ă©conomiques, politiques, associatifs et institutionnels.
L’IEC est une fĂ©dĂ©ration de recherche abritĂ©e sur le site Jardin des Plantes du MusĂ©um National d’Histoire Naturelle. Elle rassemble le Museum National d’Histoire Naturelle, le CNRS, l’Institut National d’Études dĂ©mographiques (INED), le Conservatoire National des Arts & MĂ©tiers (CNAM), la Fondation Nationale des Sciences Politiques (FNSP), l’UniversitĂ© Paris 7-Denis Diderot, l’UniversitĂ© Paris X-Nanterre, l’UniversitĂ© Paris-Sud XI, l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) Paris, l’École des Hautes Études Commerciales (HEC) Paris.
Assises de l’Institut Emilie du Châtelet
Pour le développement et la diffusion des recherches
sur les femmes, le sexe et le genre
Les lundis 4, 11, 18, 25 octobre 2010
de 14h Ă 19h
FIAP Jean Monnet, 30 rue Cabanis, Paris 14ème (métro Saint-Jacques, RER B Denfert-Rochereau, autobus 21)
Avec le soutien du Conseil rĂ©gional d’ĂŽle-de-France