Toutpourlesfemmes.com
Accueil du site > Culture > Wajdi Mouawad au Festival d’Avignon

Culture

Wajdi Mouawad au Festival d’Avignon

par Nicole Salez, lundi 29 juin 2009

Wajdi Mouawad, dramaturge et metteur en scĂšne canadien d’origine libanaise, est l’artiste associĂ© du 63Ăšme Festival d’Avignon qui a lieu du 7 au 29 juillet 2009. PrĂ©sentation.
impression Envoyer l'article à un ami title=

Wajdi Mouawad/ Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon ©
Wajdi Mouawad/ Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon ©

Wajdi Mouawad

Wajdi Mouawad a vingt ans lorsqu’il Ă©crit sa premiĂšre piĂšce, Willy Protagoras enfermĂ© dans les toilettes. Vingt ans, mais dĂ©jĂ  une vie traversĂ©e de tragĂ©dies, de dĂ©placements et d’exils successifs. La guerre civile libanaise qui lui fait quitter sa terre natale pour la France Ă  l’ñge de dix ans ; l’exil Ă  rĂ©pĂ©tition, puisque l’Hexagone lui refuse l’obtention de papiers, aprĂšs cinq annĂ©es de vie Ă  Paris, et qu’il doit Ă  nouveau s’expatrier, cette fois pour le Canada.

C’est donc au QuĂ©bec qu’il poursuit ses Ă©tudes et obtient le diplĂŽme de l’École nationale de Théùtre de MontrĂ©al. De cette enfance Ă©cartelĂ©e et, dit-il, « inconsolĂ©e  », de cette adolescence marquĂ©e par la mort d’une mĂšre encore jeune, l’oubli d’une langue maternelle abandonnĂ©e et l’acquisition d’une autre forcĂ©ment Ă©trangĂšre, de tout cela et de bien d’autres choses encore, il fait la matiĂšre de ses Ă©crits. Sensible Ă  tout ce qui l’entoure, en alerte permanente, influencĂ© par le cinĂ©ma, la littĂ©rature comme la peinture, il crĂ©e une oeuvre faite d’histoires fortement Ă©motionnelles. Des histoires qui tentent de rendre visible l’invisible, qui mĂȘlent inextricablement l’intime, le privĂ©, le social et le psychique pour dire cette douleur qui unit tous les hommes, cette souffrance qui rĂ©side au coeur mĂȘme du théùtre, celui que les Grecs ont inventĂ© et que Wajdi Mouawad semble perpĂ©tuer.

À la confluence d’un Orient oĂč les contes et les rĂ©cits sont le quotidien de la culture collective et d’un Occident mĂ©diterranĂ©en oĂč les lĂ©gendes sont devenues des mythes vivants et effectifs, il dĂ©vore et rĂ©invente ces influences. Il imagine des synopsis qu’il offre Ă  ses acteurs, Ă©crivant les dialogues pendant les rĂ©pĂ©titions, tenant compte des propositions de tous ceux qui travaillent avec lui. Ses narrations, brĂ»lantes, sont ainsi portĂ©es par des comĂ©diens investis, capables de libĂ©rer toute la poĂ©sie contenue dans ces mots choisis avec minutie, porteurs d’une envoĂ»tante folie, Ă©lĂ©ments savamment agencĂ©s d’une langue mĂ©tissĂ©e.

Confrontation à ses grands aßnées

Mais c’est aussi en se confrontant, comme metteur en scĂšne, Ă  ses grands aĂźnĂ©s que Wajdi Mouawad chemine dans son parcours d’homme de théùtre. Shakespeare (Macbeth), CervantĂšs (Don Quichotte), Sophocle (Les Troyennes), Wedekind (Lulu le chant souterrain), Pirandello (Six Personnages en quĂȘte d’auteur), Tchekhov (Les Trois Soeurs), mais aussi quelques- uns de ses contemporains, Louise Bombardier (Ma MĂšre chien), Ahmed Ghazali (Le Mouton et la Baleine), Irvine Welsh (Trainspotting) et Edna Mazia (Tu ne violeras pas), ont Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©s, sous sa direction, par les compagnies qu’il a dirigĂ©es au QuĂ©bec (Théùtre Ô Parleur puis Théùtre de Quat’sous), avant qu’il ne mette sur pied une collaboration originale entre sa nouvelle compagnie quĂ©bĂ©coise, AbĂ© CarrĂ© CĂ© CarrĂ©, et sa compagnie française, Au CarrĂ© de l’HypotĂ©nuse.

PrĂ©fĂ©rant Ă  la notion de metteur en scĂšne celle de « metteur en esprit », il rĂ©alise avec tous ses collaborateurs un travail dont le but affichĂ© est de « contaminer le spectateur ». En 2008, il succĂšde Ă  Denis Marleau Ă  la tĂȘte du Théùtre français du Centre national des Arts d’Ottawa et donne le titre « Nous sommes en guerre » Ă  son premier Ă©ditorial en tant que directeur, et « Nous sommes en manque » Ă  celui de la saison prochaine. AprĂšs y avoir prĂ©sentĂ© Littoral en 1999 puis Seuls en 2008, il revient au Festival d’Avignon en tant qu’artiste associĂ© pour faire entendre le quatuor Le Sang des promesses, dont les trois premiĂšres parties (Littoral, Incendies et ForĂȘts) seront donnĂ©es en une mĂȘme nuit dans la Cour d’honneur du Palais des papes, et la quatriĂšme, Ciels, sa nouvelle crĂ©ation, Ă  ChĂąteaublanc- Parc des expositions dans la seconde partie du Festival.

- Lire Ă©galement : Festival d’Avignon / 7 - 29 juillet 2009


63e Festival d’Avignon
- du 7 au 29 juillet 2009
- Directeurs artistiques : Hortense Archambault et Vincent Baudriller
- Artiste associĂ© 2009 : Wajdi Mouawad

- renseignements : + 33 (0)4 90 14 14 60
- Billetterie : + 33 (0)4 90 14 14 14 - - Billets rĂ©servation Internet

- Offices de tourisme : Avignon : + 33 (0)4 32 74 32 74/ Villeneuve lez Avignon : + 33 (0)4 90 25 61 33

Culture

Les derniers articles > Tous les articles
Toute l'actualité de Toutpourlesfemmes.com
en temps réel et gratuitement