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Rompant avec les diktats de la haute couture traditionnelle qu’il renouvelle, Yves Saint Laurent se fait le styliste du présent et habille en masculin - féminin des femmes pleinement de leur temps. "A bas le Ritz, vive la rue !" dira-t-il un jour. Chanel a donné la liberté aux femmes. Yves Saint Laurent leur donne le pouvoir. Exposition "Yves Saint Laurent" au Petit Palais du 11 mars au 29 août 2010.
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Habillant les femmes en masculin - féminin, s’inspirant de la rue (collection scandale 1971), de ses voyages imaginaires (Russie, Chine, Inde, Espagne, Japon, Afrique et Maroc) et de son dialogue avec l’Art (Mondrian, Picasso, Matisse, Van Gogh), Yves Saint Laurent a renouvellé la haute couture et le prêt-à -porter. Il a imaginé pour la femme une garde-robe pensée comme le miroir d’un nouveau style de vie.
« Mon rêve est de donner aux femmes les bases d’une garde-robe classique qui, échappant à la mode de l’instant, leur permette une plus grande confiance en elles-mêmes ». Yves Saint Laurent
« Les femmes de Saint Laurent sont sorties des harems, des châteaux et même des banlieues, elles courent les rues, les métros, les Prisunic, la Bourse ». Marguerite Duras
Yves Saint Laurent entre en 1955 chez Christian Dior qui le désigne comme son successeur. Il le devient à la mort de son mentor en 1957 et accomplit alors le passage d’une haute couture obsolète au règne du style. 1958, Yves Saint Laurent crée chez Dior la collection « Trapèze », qui sacre son talent de « French National Hero » (The New York Times). La collection préfigure le désir de liberté caractéristique des années 60 qui s’exprime dans un vêtement désentravant le corps de la femme.

En 40 ans de création, Yves Saint Laurent a révolutionné la garde-robe de la femme en empruntant au vestiaire masculin le smoking, le tailleur pantalon et la saharienne pour en vêtir les femmes : il a ainsi fait passer les attributs du pouvoir d’un sexe à l’autre. Yves Saint Laurent a également élargi la sphère d’influence du couturier tout en laissant la possibilité à la cliente de s’exprimer librement. Il lui a proposé les bases d’une garde-robe pensée comme le miroir d’un nouveau style de vie. Cette garde-robe reflète de nouvelles habitudes de consommation et une nouvelle image de la féminité.
Yves Saint Laurent a créé un nouveau genre, entre le féminin et le masculin. Il a marié l’allure du costume d’homme à la séduction du tailleur féminin. Il a croisé le complet veston et la blouse, le lainage et la mousseline. Quarante-trois modèles emblématiques du style Saint-Laurent : le caban, la saharienne, le tailleur-pantalon, le tailleur jupe, la blouse normande, la tunique, le jumpsuit sont présentés dans l’espace Révolution des genres de l’exposition Yves Saint Laurent qui se tient au Petit Palais du 11 mars au 29 août 2010, réunissant près de 300 modèles puisés dans les quelques 5000 de la collection de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent.
L’astre noir
« Pour une femme, le smoking est un vêtement indispensable avec lequel elle se sentira continuellement à la mode car c’est un vêtement de style et non un vêtement de mode. Les modes passent, le style demeure ». Yves Saint Laurent
Toujours pareil et jamais le même : en presque quarante ans, plusieurs centaines de smokings sont sortis de l’imagination d’Yves Saint Laurent et de sa volonté d’affirmer sa légitimité sur un vêtement qu’il a créé, qui devait conquérir le monde et devenir emblématique de son style.

Pour l’été 1971, Yves Saint Laurent présente une collection inspirée des années 40. Dans les salons de couture, c’est la consternation. Plus que les réminiscences de l’époque de la guerre et de l’Occupation, c’est le type de femme imaginé par le couturier qui choque le public, une femme à la croisée insolite de l’avenue Montaigne et du Bois de Boulogne. La presse réagit violemment et condamne. Mais elle se trompe ! Ce style est adopté immédiatement par la rue. Les filles se reconnaissent dans ce style Rétro. La collection 40 fait l’effet d’un choc en plein mouvement hippie et féministe, et inaugure le retour de la sophistication et du glamour.

« J’exerce mon imagination sur les contrées que je ne connais pas. Je déteste voyager. Si je lis un livre sur les Indes, avec des photos, ou sur l’Égypte où je ne suis pas allé, mon imagination m’emporte. C’est là que je fais mes plus beaux voyages ». Yves Saint Laurent , entretien avec Catherine Deneuve dans Globe, 1er mai 1986.
« Il n’est pas étonnant que les bougainvillées du jardin Majorelle se soient enroulés autour de capes, ni que les robes de bal de Natacha Rostov croisent les kimonos de l’impératrice Ts’eu-hi. Pas étonnant que les saris de Lady Mountbatten côtoient les boléros de Carmen ni que, du fond de l’Afrique, parviennent les échos de la reine de Saba ». Pierre Bergé

Tel Xavier de Maistre dans son Voyage autour de ma chambre, Yves Saint Laurent parcourt les chemins de l’imaginaire et ne voyage réellement qu’en pensée, dans son studio, par ses livres, ou dans ses maisons, parmi les objets et tableaux de sa collection. Ainsi, Yves Saint Laurent a su capter avec génie l’essentiel et le rendre accessible.

« Mon propos n’a pas été de me mesurer aux Maîtres, tout au plus de les approcher et de tirer les leçons de leur génie ». (...) Mondrian, c’est la pureté et l’on ne peut pas aller plus loin en peinture. Le chef-d’oeuvre du XXe siècle c’est un Mondrian ». Yves Saint Laurent
En 1965, Yves Saint Laurent lance une collection inspirée du peintre Mondrian. Les magazines du monde entier ovationnent ces créations qui rompent les hiérarchies entre les genres artistiques. Dès lors, le couturier créera régulièrement des rendez-vous avec le monde de l’art dans ce qu’il appelait ses dialogues : Mondrian, Wesselman, Poliakoff, Van Gogh, Matisse, Picasso, Braque, Léger, Apollinaire, Aragon, Cocteau, Lalanne, etc. Ces artistes lui ont permis de réinventer un langage, qui est devenu le sien.

1966 a constitué une date phare dans l’histoire de la mode avec le lancement de la griffe Saint Laurent rive gauche. Pionnière du prêt-à -porter de luxe, la griffe Saint Laurent rive gauche a connu un immense succès préfigurant celui des marques globales contemporaines. Le style Yves Saint Laurent est devenu accessible à un plus grand nombre de femmes et s’est imposé dans le monde entier à travers un réseau de centaines de boutiques.
Exposition Yves Saint Laurent
11 mars - 29 août 2010
Sous le haut patronage de Madame Carla Bruni-Sarkozy
Petit Palais - Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill - 75008 Paris
T : 01 53 43 40 00
Horaires : ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf lundi et jours fériés/Nocturne le jeudi jusqu’à 22h
Entrée visiteurs individuels :
Plein tarif :11 € /
Tarif réduit : 8 € /
Demi tarif : 5,50 €
Métro : Champs-Elysées-Clemenceau (ligne 1 ou 13) ou Concorde (ligne 1, 8 ou 12) /RER : ligne C, station Invalides ; ligne A, station Charles-de-Gaulle-Etoile /Bus : 42, 72, 73, 80, 93
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