Ernest Hébert: Italiennes modèles - Musée d'Orsay

Jusqu'au 19 juillet 2009

Dans le cadre du centenaire de la mort du peintre Ernest Hébert (1817-1908), le musée d'Orsay s'est joint aux deux musées Hébert —, à La Tronche (Isère) et à Paris pour proposer une exposition autour d'un thème particulièrement cher à l'artiste : la représentation des paysans italiens. Dans leur costume traditionnel, les modèles vivants ont un charme presque ”exotique”, voire sauvage.


Ernest Hébert (1817-1908) et les paysans du Latium

En 1853, à trente-six ans, peintre reconnu par la critique parisienne et les autorités, Ernest Hébert
ressent un besoin inextinguible de fuir Paris et ses mondanités. Il répond avec joie à la
proposition de ses amis paysagistes, Édouard Imer et Eugène Castelnau, d'entreprendre un périple
qui doit les mener de Marseille à Naples. Hébert et ses compagnons s'attardent dans les villages des
monts Simbruini, où les paysannes portent le costume traditionnel, ainsi que le relate avec une
certaine allégresse un journal écrit à trois mains.

Ces villageoises au port altier, dont la beauté leur
évoque l'Antique, montrent une dignité émouvante, vivante et sensible bien qu'elles soient
marquées par une vie rude. “Il est vrai que je suis partout impressionné par les têtes aux regards
profonds et froids qu'on ne trouve que dans les pays du soleil, la misère y a des accents de fierté et
de calme antique inconnus chez nous.” écrit-il. Il observe avec fascination la réalité quotidienne et
atteint dans ces lieux d'altitude, sauvages et retirés, qui ne sont pas sans lui rappeler son Dauphiné
natal, une sérénité qui lui permet de dépasser ses doutes et le conduit à une maturité rayonnante.




A propos d'Ernest Hébert (1817-1908)

Né en plein romantisme, Ernest Hébert commence sa carrière avec la percée du réalisme. Le jeune grenoblois est alors destiné à reprendre l'étude notariale de son père.
Les cours de son professeur particulier, Benjamin Rolland, élève de David et conservateur du musée de Grenoble, révèlent ses dispositions précoces. Après une formation classique à l'Ecole des Beaux-arts de Paris où il remporte le Grand Prix de Rome de peinture historique, il accède à la notoriété avec La mal'aria au Salon de 1850.

Un bel avenir s'ouvrant devant lui, il partage son temps entre la France et l'Italie, où il a été deux fois directeur de l'Académie de France à Rome. Parallèlement, il devient un portraitiste recherché de la haute société parisienne du Second Empire puis de la Troisième République. Toutefois, c'est en Italie qu'il trouvera ses sujets de prédilection en peignant des scènes de la vie paysanne empreintes d'un réalisme mélancolique. Cette exposition illustre ainsi la période la plus inspirée et la plus heureuse de la carrière du peintre.



Par Nicole Salez

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