Les Portes du Ciel - Louvre Exposition

Les ”Portes du ciel” revisite les visions du monde dans l'Egypte ancienne au travers des battants des tabernacles qui abritent la statue d'une divinité. Près de 400 objets de l'Ancien Empire à l'époque romaine nous ouvrent les portes de l'ici-bas et l'au-delà.
Jusqu'au 29 juin au Louvre.

Les « portes du ciel » désignent les portes qui fermaient le meuble sacré abritant la statue de la divinité. Leur ouverture met en contact le monde des hommes et celui des dieux.

Ouvertes, elles permettent à l'Univers de se perpétuer en renouvelant le processus de la création et donnent aux hommes à voir une image d'une réalité ineffable. En les fermant, elles deviennent le prélude à une renaissance future et, renvoie la divinité dans un au-delà ténébreux, dissimulant ainsi son apparence aux yeux des humains.


Pour les Égyptiens, certains lieux sont à leur manière une réplique des réceptacles d'images divines. De ce fait, ils possèdent des portes, matérielles ou non, qui marquent le passage entre des réalités physiques et mentales. Quatre d'entre eux sont évoqués dans cette exposition : l'Univers organisé, l'au-delà, la chapelle de la tombe et le parvis du temple. Les objets créés pour représenter ces univers ou pour y être placés relèvent d'une logique complexe où se déploie la richesse de la pensée égyptienne si peu cartésienne à nos yeux.

L'exposition de près de 400 œ,uvres allant de l'Ancien Empire à l'époque romaine propose donc un parcours à travers ces mondes dont les portes du ciel marquent, ou limitent, l'accès à tout un chacun , le ciel étant tout à la fois l'espace sensible vu de la terre et la dimension abritant le divin.

L'exposition se lance dans une chasse aux signes et à l'iconographie, cherche les jeux de renvois et d'oppositions. Elle s'attache tout particulièrement à replacer des objets familiers aux visiteurs dans leur contexte adéquat tant social, religieux qu'artistique, montrant ainsi la diversité et la souplesse d'adaptation aux mutations à travers les âges de cet art réputé figé et immuable.

Par Laure Menanteau

Tags: