Les incontournables de Turin

Arcades, boutiques de mode, antiquaires, marchés, cafés, gelati... Turin ne manque pas d'attraits. Voici les incontournables de la capitale du Piémont

Musarder sous les arcades


Emblématiques de la capitale piémontaise, 18 kilomètres d'arcades parcourent le cœ,ur de ville, agréables lieux de flâneries, frais en été, abrités en hiver. Sous les arcades se côtoient les façades à l'ancienne des confiseries, pâtisseries et bars aux terrasses très convoitées, les
vitrines des boutiques de mode, les vitrines des antiquaires et celles des boutiques de décoration ultra design. Les 750 mètres d'arcades de la Via Roma affichent les griffes les plus célèbres. La piazza San Carlo cernée d'arcades harmonieuses et symétriques est certainement la plus
élégante de la ville, très agréable pour prendre un verre à toute heure du jour.


Faire son marché

Le marché de la porta Palazzo est l'un des plus grands d'Europe. Chaque jour, il déploie ses quelque 53 000 m2 d'étals colorés bien ordonnés. Les prix y défient toute concurrence et attirent une foule bigarrée. Les Turinois ne sont pas les seuls à s'y presser pour remplir leur cabas , de nombreux cars de tourisme venus de Savoie ou de la côte méditerranéenne française y déversent chaque samedi des flots de visiteurs en quête de bonnes affaires. Coup de cœ,ur pour le coin des producteurs locaux qui offrent des produits d'excellente qualité, souvent labellisés, fromages, fruits et légumes, herbes aromatiques.... Si vous avez raté le marché du samedi, sachez que chaque dimanche un petit marché bio se tient sur une place différente du centre ville.


Déguster un bicerin




Qui n'a pas goûté un bicerin, ('petit verre' en piémontais), n'a pas saisi l'âme turinoise ! Une recette typiquement turinoise, café noir, chocolat et crème superposés. Ne pas remuer et déguster lentement pour apprécier chacune de trois saveurs : les lèvres ourlées de crème, on ressent d'abord le goût amer du café, progressivement remplacé par la suavité du chocolat. On peut boire un bicerin un peu partout en ville mais le nec plus ultra c'est de s'attabler à l'une des tables de Al Bicerin (piazza della Consolata), estaminet mouchoir de poche où fut inventée cette boisson en 1763.


Prendre un apéritif dans un « caffé » historique



Chaque jour vers 19h, c'est l'heure de la trêve, vermouth et antipasti. Les Turinois envahissent les terrasses, s'agglutinent autour des comptoirs, et trouver une place dans l'un des caffés historiques du centre relève du défi.


Au coude à coude, on déguste des antipasti, qui peuvent d'ailleurs tenir lieu de repas, autour d'un petit vermouth. Tramezzini (petits sandwichs triangulaires), beignets de courgettes, de poivrons, légumes, omelettes, fromage, charcuteries, pâtés, les buffets étalent leurs propositions colorées. Les tarifs diffèrent selon la formule, buffet à volonté, assiettes composées, debout, en terrasse, mais excèdent rarement les 10€.

Autour des Turinois de souche se pressent étudiants et jeunes qui dînent d'antipasti ! Et pour couper court aux politesses, on tire au sort celui qui offrira l'apéritif. A la caisse, à l'heure de payer les habitués parient, pair ou impair, pressent le petit bouton actionnant un cadran, lequel permet de désigner celui qui réglera l'addition !


Arpenter le cœ,ur historique nez au vent et admirer l'architecture baroque



La première ville royale d'Italie compte quatre palais royaux intra-muros et plus d'une quinzaine dans ses environs.



Le majestueux palazzo Madama abrite toute l'histoire de la ville. Le palais royal, le Palazzo Carignano, les palais patriciens, Carignan, Fatelli di Barolo, Bricherasio, Benso di Cavour, Lascaris, l'université, autant de perles baroques égrenées dans la ville.



Le Duomo, la cathédrale San Giovanni Battista, n'abrite plus qu'une copie du Saint-Suaire offert à la famille de Savoie et aujourd'hui objet d'études d'authentification.

La piazza San Carlo, le salon de Turin, est un modèle du genre avec la symétrie parfaite de ses élégantes façades baroques, ses églises jumelles, et la statue équestre de Emanuele Filiberto.



Derrière la façade pudique de Notre-Dame della Consolata, consacrée à la patronne de Turin, se dissimule le baroque ébouriffé d'un intérieur saturé de marbres et d'ex-voto naïfs.


Plus récent, la Mole Antonelliana domine la ville du haut de ses 167 mètres. Bâti à la fin du XIXe pour être une synagogue, il a été transformé en un Musée national du cinéma à la muséographie spectaculaire. Pour ceux que le 7ème art ne séduirait pas, il est indispensable de prendre l'ascenseur intérieur indépendant du musée : du sommet de la Mole, c'est toute la ville de Turin qui se déploie à 360 °.


A quelques kilomètres du centre ville de Turin, dans l'ancien bourg de Venaria datant du XVII, la piazza dell'Annunziata, prélude au palais royal, s'inspire du collier de l'Annonciade un ordre de chevalerie de la maison de Savoie. L'architecture grandiose de la Reggia di Venaria Reale, « résidence de plaisir et de chasse » de la famille royale qui servit de modèle au château de Versailles, s'habille d'humble brique. La grande galerie, le salon de Diane, la chapelle Saint Hubert, les jardins, tout témoigne du faste de la cour.


Prendre le funiculaire à crémaillère jusqu'à Superga



Depuis la station Sassi, piazza Modena, le funiculaire grimpe laborieusement jusqu'à la crête d'une colline où se déploie la basilique. Ce temple votif abrite les tombeaux de la maison de Savoie gardés par les moines. Et si le charme des lieux vous inspire, vous pourrez dormir dans le bed and breakfast fort douillet tenu par les moines.


S'immerger dans l'art contemporain

Au-delà de l'architecture industrielle omniprésente et réhabilitée, sculptures et oeuvres d'art ponctuent la ville de touches contemporaines. Les expositions animent l'agenda 2008 à un rythme soutenu en cette année dédiée au design dans tous ses états, alimentaire, automobile, architectural, vestimentaire, typographique...


Olivetti, entreprise emblématique dévoile les dessous de son histoire et de sa politique, les objets du Compasso d'Oro logent dans les écuries de la Venaria Reale, les arcades s'animent de vitrines thématiques décalées, le château de Rivoli abrite le musée d'art contemporain...


Sortir dans le quadrilatère romain ou les Murazzi

Dès les beaux jours, les anciens entrepôts de rives du Po ouvrent les portes et terrasses de cafés et restaurants branchés. L'entrelacs d'étroites ruelles pavées du quadrilatère romain est une zone très tendance, avec boutiques branchées, restaurants bobos et bars dernier cri.


Succomber aux gourmandises turinoises...


Berceau du gianduja, mélange de cacao et de noisette d'appellation d'origine contrôlée du Piémont, la capitale piémontaise s'est taillée une solide réputation chocolatière.

L'adresse de Guido Gobino, maître chocolatier iconoclaste, est incontournable. Non content de réduire la taille de la traditionnelle praline de gianduja pour en faire un mini giadujotto de 5 grammes seulement, il a reçu l'année dernière un prix international pour sa création, une bouchée à l'huile d'olive qui révèle un grain de sel en fin de dégustation. Mais le top, c'est de prendre rendez vous avec le maître pour une dégustation au creux du sofa rond de la salle réservée aux happy few. Moelleux du grand sofa mauve, velouté des pralines qui fondent en bouche, fond de musique lounge, effluves de chocolat et d'arômes fruités, transparences et lumières douces, c'est une divine parenthèse initiatique où tous les sens sont sollicités.

Sous ses arcades de la piazza San Carlo, la confiserie Stratta, fondée en 1836, fournisseur de la Maison Royale, est l'une des adresses pour s'initier au giandujotto, petit chocolat toujours emmailloté de papier doré, histoire de rappeler son origine aristocratique.


Pour l'apprécier, pas question de le croquer comme du chocolat noir, il faut le laisser fondre dans la bouche et se laisser envahir par le moelleux de la pâte! Ses vitrines sont une ode à la couleur qui séduisent le regard autant que les papilles. Pour les petits fours, les connaisseurs s'approvisionnent un peu plus loin sur la place, chez Neuv Caval D Brons. Les vitrines de la confiserie Stratta (piazza San Carlo) fondée en 1836, fournisseur de la Maison Royale sont une ode à la couleur qui séduisent le regard autant qu'elles stimulent les papilles.




...sans oublier les gelati !

Côté Gelati, les turinois ne s'en laissent pas compter. À côté du Teatro Carignano se trouve le glacier Pepino fondé par un immigré napolitain à la fin du XIXe siècle qui inventa le “pinguino', l'esquimau, glace spéciale promenade ! Certains se damneraient pour une glace au gianduja du Caffé San Carlo que l'on peut aussi trouver au Café Fiorio, d'autres en tiennent pour Grom, plus moderne, où sorbets au chocolat et glaces au caramel salé font de nombreux adeptes. Enfin les amateurs de petites sucreries craqueront pour les pastilles Leone, délicats petits éclats de sucre aromatisés, nés en 1857, et présentés dans de jolies boites à l'ancienne.



Carnet d'adresses


Y aller :
En train: Artesia de Paris, Lyon ou Chambéry, TGV ou train de nuit. www.artesia.eu.
En avion : Cinq vols quotidiens Air France et Alitalia entre Paris et Turin.

Se renseigner
Office du tourisme italien : tel 01-42-66-66-68. www.enit-france.com.
Office du tourisme de Turin : ww.turismotorino.org

Hôtels



Hôtel Victoria: Via Nino Costa 4. www.hotelvictoria-torino.com . Une adresse très cosy et très calme, un peu comme chez soi. Grandes chambres, petit jardin intérieur, généreux buffet de petit déjeuner, mais surtout, un magnifique spa avec sauna, hammam, grande piscine et espace détente. Personnel francophone.



Méridien Art & Tech : Via Nizza 230. une belle réussite de Renzo Piano, ou comment transformer un établissement industriel en hôtel de luxe, paradoxe de la technologie et de la convivialité.www.lemeridien.com

Town House 70: Via XX Settembre 70. www.townhouse.it Design, sobriété et élégance avec une pointe de décalage, au coeur du centre historique

Art Hotel Boston: Via Massena 70. www.hotelbostontorino.it . L'art contemporain, de l'après guerre à nos jours, et la créativité règnent en maîtres dans cet hôtel original où chaque chambre est unique, chaque recoin une curiosité.

Restaurants
Emporio 1900 : Viadei Mille 20. Une petite table sans prétention, où la cuisine piémontaise relevée d'une pointe de modernité , décoration sobre et chaleureuse.

Tre galli : Via San Agostino 25. Dans le carré romain, « les trois coqs » est un bar à vin bobo avec une sympathique terrasse prise d'assaut dès les beaux jours. En face le restaurant Tre galline (les trois poules) sert une cuisine plus classique.

Cafés, glaciers et chocolateries

Mood : librairie café : Via Cesare Battisti 3.
Hafa Café : Via Sant Agostino 23.
Caffé Fiorio : Via Po 8
Glacier Pepino : Piazza Carignano 8
Chocolaterie Gobino : Via Lagrange 1.
Glacier Grom : Via Accademia delle scienze 4

Cafés historiques

Caffe Torino: Piazza San Carlo 204
Caffè San Carlo: Piazza San Carlo 156
La Smarritta: Via Cesare Battisti 17
Baratti e Milano: Piazza Castello 29
Caffé Fiorio: Via Po 8
Caffè Mulasano Piazza Castello 15
Al Bicerin : Piazza della Consolata 5

Guide : Laura Sgarlazetta : lauretta@inrete.it, cell : (00 39) 347 413 73 04

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Par Catherine Bardon
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