Faut-il devenir vegan ?

A en croire certains discours, les vegan seraient capables de sauver le monde ! Grâce à leur consommation maîtrisée, ils auraient le pouvoir de réduire massivement les émissions de C02 et d’épargner des millions de vies. Mais alors pourquoi tout le monde n’adopterait pas ce régime alimentaire aussi sain que bon pour la planète ?

La vérité sur le véganisme

En France, déjà plus de 2 millions de personnes auraient fait le choix de ne plus consommer de produits animaux dans leur quotidien. Que ce soit pour défendre la cause animale, pour protéger l’environnement ou encore pour être en meilleure en santé, de plus en plus de personnes remettent en question leur alimentation et choisissent ce nouveau mode de consommation.

Il faut l’avouer, nombreux sont les arguments en sa faveur. Selon une étude réalisée par l’université d’Oxford, si tous les humains adoptaient un régime sans viande et sans produits laitiers, cela pourrait sauver plus de 8 millions de vies d’ici 2050 et réduire de deux tiers les émissions de CO2.

DEFINITION
Au-delà de l'adoption d'une pratique alimentaire végétalienne (qui exclut la viande et le poisson, mais aussi les produits laitiers, les œufs et le miel), le véganisme exclut la consommation de tout autre produit issu des animaux ou de leur exploitation (cuir, fourrure, laine, maquillage…).

veganisme_jm_lecerfDocteur Jean-Michel Lecerf  ©sam.bellet

« Si l’homme est omnivore, ce n’est pas pour rien »

« Ce type de discours est absolument débile, peste le Docteur Lecerf, chef du service de nutrition de l’institut Pasteur de Lille. La planète serait insupportable dans ces circonstances; les pâturages sont extrêmement bénéfiques à son équilibre. Il existe mille autres façons d’éviter la malnutrition. »

Sur le plan nutritionnel aussi, le spécialiste tient à avertir les adeptes.

« Si l’homme est omnivore, ce n’est pas pour rien ! On peut et on doit manger de produits animaux. Quand on supprime toute une famille d’aliments, on induit forcément un déséquilibre alimentaire. »

En effet, si certaines protéines végétales peuvent compenser l’absence de protéines animales, en ce qui concerne les nutriments il n’existe parfois aucun équivalent. La vitamine B12 par exemple, est totalement exclue du régime vegan alors qu’elle est pourtant essentielle. Son absence pouvant entraîner des anémies ou des troubles neurologiques.

« Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? »

« Ceux qui sont bien informés peuvent pallier ce manque en prenant des compléments alimentaires, mais vous admettrez que c’est une aberration de devoir compléter un régime pour que celui-ci soit équilibré. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? », interroge le Docteur Lecerf.

Pas sûr que ces mises en garde suffisent à convaincre les adeptes du veganisme, souvent également engagés dans un combat éthique. « Les intentions qui sont derrière tout ça sont souvent très bonnes, concède le chef de service. Mais les problèmes sont mal analysés et souvent déformés par les médias. Les vidéos sur le traitement dans animaux dans les abattoirs montrent une souffrance qui est bien sûr inacceptable, mais qui relève de cas isolés. Il ne faut pas tout mélanger. »

Selon le spécialiste, plus qu’un mode de consommation, le veganisme est un mode de pensée qu’il assimile à une sorte de totalitarisme alimentaire. « Les vegan ont réellement la volonté de changer le monde, ce sont des militants aux choix extrêmes qui peuvent s’avérer dangereux pour la santé, c’est pourquoi je ne peux absolument pas recommander ce régime au quotidien. » 

Cependant, le médecin encourage chacun à contrôler sa consommation de viande et même à manger des repas vegan de temps en temps. L’essentiel étant le respect de l’équilibre alimentaire. Une notion beaucoup moins sexy que la promesse révolutionnaire du régime vegan, mais pourtant plus à même de sauver le monde !

Kristen POELS

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