Les jardins de Sissinghurst

L'âme de la poétesse Vita Sackville-West

Créé par l'écrivain Vita Sackville-West et son époux Sir Harold Nicholson, Sissinghurst, ce couple aux mœ,urs si peu politiquement correctes dans les années 1920, garde l'esprit de leurs personnalités. Exubérance et romantisme, pondération et classicisme le lieu est d'un charme inouï.

Une femme hors du commun


Sissinghurts est plus qu'un jardin. C'est un lieu empli de la vie de la poétesse et écrivain Vita Sackville-West, une femme à la personnalité hors du commun.

Victoria Mary Sackville-West est née à Knole House dans le Kent, le 9 mars 1892. Fille du baron Lionel Edward Sackville-West et de sa femme Victoria Sackville-West, elle prend très tôt le prénom de Vita pour se démarquer de sa mère. Vita passe son enfance et son adolescence dans la propriété familiale, mais, seule fille du baron, elle ne peut en hériter à la mort de son père, étant une femme. Très attachée à cet endroit, elle le regrettera toute sa vie. Elle emménage alors dans une petite maison médiévale, non loin de Sevenoaks.




Amante de Virginia Woolf

En 1913, Vita épouse Harold Nicholson, diplomate, puis journaliste, membre du Parlement, auteur de biographies et de romans, mais aussi, un compagnon bisexuel dans ce qu'on appellerait aujourd'hui un mariage très « libre ». Ils ont tous deux des liaisons homosexuelles, ce qui n'empêche pas une relation très forte entre les époux, comme en témoigne leur correspondance quasi-journalière, publiée après leur mort par leur fils Nigel.

L'histoire d'amour la plus célèbre de Vita Sackville-West est celle qu'elle eut avec la romancière Virginia Woolf, à la fin des années 1920. A la suite de cette liaison, Virginia Woolf écrivit l'un de ses romans majeurs, 'Orlando'.



C'est en 1930 que Harold et Vita entendent parler de Sissinghurst par la poétesse Dorothy Wellessey, qui fut aussi l'amante de Vita. La propriété, l'une des plus imposantes demeures élisabéthaines de la région, est mise en vente depuis 1928, mais ne trouve aucun acquéreur, vu son état de délabrement. Vita visite le domaine en compagnie de son fils Nigel et tombe immédiatement amoureuse du lieu. Lorsque le couple décide de l'acheter, la maison ne possède ni électricité, ni eau courante, ni chauffage et les jardins ne sont plus que des champs de choux.



Un univers où se mêlent classicisme et romantisme

Vita et Harold créent un espace reflétant totalement leurs personnalités, à la fois différentes et complémentaires. Elle, romantique et exubérante, adore les recoins qui surprennent, avec une profusion de plantations. Lui, classique et pondéré, aime les formes plus ordonnées et sobres, même s'il soumet parfois des suggestions pleines d'imagination à son épouse.

Les bâtiments de Sissinghurst Castle sont restaurés par l'architecte Albert Reginald Powys, qui rend le lieu habitable et conçoit également quelques murs entourant les jardins. La conception des jardins progresse rapidement, avec l'aide d'un ami du couple, l'architecte Edwyn Lutyens, et lorsqu'éclate la seconde guerre mondiale, en dehors du fameux 'White Garden' et du 'Thyme Lawn', toutes les formes sont en place.




Les jardins de Sissinghurst aujourd'hui

Ils sont constitués de dix petits jardins à thème, représentant chacun un trait de caractère du couple. Ainsi les visiteurs peuvent découvrir un jardin d'herbes aromatiques, le « Herb garden », un agréable jardin de printemps aux couleurs chaudes, le « Cottage garden » et un surprenant jardin blanc aux dégradés de blanc, gris et vert, le « White garden ». Les jardins de Sissinghurst ouvrent au public en 1938. A la mort de Vita, en 1962, Harold et ses deux fils lèguent le jardin à l'organisme de conservation des propriétés historiques britanniques, le National Trust.

Ouvert du 13 mars au 31 octobre de 11h à 18h30, fermé les mercredis et jeudis.
Tarif adultes : 10.50£ —, tarif enfants : 5.20£ - famille : 26£

www.nationaltrust.org.uk/sissinghurst




Par Arielle Granat

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