”Artemisia - Pouvoir, gloire et passions d'une femme peintre”, au musée Maillol

14 mars - 15 juillet 2012

À l'aube du XVIIe siècle en Italie, Artemisia Gentileschi a brisé toutes les lois de la société en n'appartenant qu'à son art : la peinture. Pour la première fois en France, le musée Maillol, à Paris, rend hommage à cette artiste exceptionnelle et permet de découvrir ses oeuvres, du 14 mars au 15 juillet 2012.

Elle est née « Artemisia Gentileschi », fille d'Orazio Gentileschi, l'un des plus grands peintres de la Rome Baroque.

La Vierge allaitant l'Enfant, vers 1608-09, huile sur toile, 116 x 89,3 cm, collection privée© Mathieu Ferrier, Paris


Peintre remarquablement douée, Artemisia consacra toute sa vie à sa passion, rompant avec toutes les lois de la société pour n'appartenir qu'à son art. Elle s'imposa à une époque où les femmes peintres n'étaient pas facilement acceptées. Elle fut également la première femme à peindre l'histoire et la religion, thèmes héroïques qui étaient alors considérés comme hors de portée d'un esprit féminin.

Artemisia mit en oeuvre les principes naturalistes, et accentua le style de son père avec un réalisme plus dur et plus dramatique, obtenu grâce à des clairs obscurs très soutenu. En 1916, l'historien d'art Roberto Longhi jugea qu'elle avait été « la seule femme en Italie à avoir su ce que sont la peinture, la couleur, les mélanges et autres notions fondamentales [...]».


Judith décapitant Holopherne, vers 1612 , huile sur toile , 159 x 126 cm , Naples, Museo Nazionale di Capodimonte © concessione fototeca soprintendenza speciale per il PSAE e il polo museale della città di Napoli


Mais pendant longtemps le nom d'Artemisia fut davantage lié au retentissant procès pour viol, intenté par son père à son collègue Agostino Tassi, qu'à ses qualités de peintre. Cet événement marqua d'ailleurs profondément sa vie et sa carrière. La puissance de sa peinture et son caractère sulfureux furent récupérés par les mouvements féministes et retarda d'autant sa légitimation de grande artiste.

Comme Le Caravage, Artemisia dût attendre plus de trois siècles pour être à nouveau reconnue et universellement appréciée. Ce n'est qu'en 1991 que Florence lui consacra une première exposition à la Casa Buonarroti, suivie par Rome à l'Istituto San Michele. Dix ans plus tard enfin, Rome, New-York et Saint-Louis célébrèrent les Gentileschi père et fille mais la section consacrée à Artemisia fut encore une fois réduite, et ne donna pas une image réelle de toute l'ampleur de son talent.





L'exposition du Musée Maillol fera découvrir pour la première fois en France les principales étapes de la peinture d'Artemisia :

- Les débuts à Rome, aux côtés de son père
- Les années florentines - sous la protection du Grand-duc de Médicis et l'amitié de Galilée - et l'explosion de sa peinture à l'ombre de l'Accademia del disegno où elle sera la première femme admise.
- Les années 1620 à Rome, où on la retrouve chef de file des derniers naturalistes, amie des grands maîtres - Simon Vouet et Massimo Stanzione - et au service des plus puissants collectionneurs d'Europe.
- La période napolitaine, qui dure presque un quart de siècle, celle des commandes publiques et de la reconnaissance incontestée au niveau national et international. Elle dirige son atelier et forme de futurs talents : Cavallino, Spardaro, Guarino.



Cette exposition permettra de restituer la figure d'une artiste qui lutta avec détermination, utilisant les armes de sa personnalité et de ses qualités artistiques, contre les préjugés qui s'exprimaient à l'égard des femmes peintres.


Musée Maillol
59/61, rue de Grenelle
75007 Paris



Par Nicole Salez

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