Travail : le numérique vous tend les bras

Alors qu’elles ont largement contribué au développement de l’informatique – c’est une femme Ada Lovelace qui a inventé le premier programme au XIXe -  et qu’elles sont nettement plus utilisatrices des réseaux sociaux que les hommes, les femmes sont de plus en plus absentes des métiers du numérique. Elles sont moins nombreuses aujourd’hui qu’il y a 20 ans : moins d’un tiers (27%) alors qu’elles totalisent 49% de la population active.

Renforcer la place des femmes dans le numérique

Le gouvernement et les instances professionnelles s’en inquiètent. Lors du dernier sommet de Davos, en janvier 2017, on a même insisté pour multiplier les partenariats publics/privés afin d’augmenter la part des femmes dans ce secteur.

Le plan mixité numérique a été signé par trois ministres et 15 acteurs du secteur -
Travail : le numérique vous tend les bras- toutpourlesfemmes

 

Pourquoi ?

 

  • - Parce que le numérique offre beaucoup plus de débouchés que les secteurs traditionnels – 79% des diplômés sont embauchés en CDI à la sortie de leur école - ,
  • - Parce que la performance des entreprises augmente de 20% quand les équipes sont mixtes,
  • - Parce qu’agir pour la mixité c’est lutter contre les inégalités salariales,
  • - Parce que les femmes ne peuvent pas s’exclure du monde demain.

  
La Commission Européenne sur le rôle des femmes dans les technologies de l’information et des communications prétend même que le PIB européen pourrait augmenter de 9 milliards d’euros par an si le secteur devenait mixte.

L’engagement public/privé

Un plan qui favorise la mixité dans le numérique vient donc d’être signé entre le Ministère de l’éducation, celui du droit des femmes, le secrétariat d’état au numérique et 15 structures privées du secteur – Cap Digital, syndicats professionnels du secteur, la Fondation Orange, Universcience, Wi-filles…  Son but est d’agir concrètement depuis l’école primaire jusqu’à la reconversion professionnelle.

Dès l’école

Le plan prévoit d’encourager dès l’école primaire les filles à se familiariser avec l’informatique et le codage. Puis, au secondaire, à les encourager à choisir les filières scientifiques et/ou technologiques et à valoriser celles qui font ce choix par des bourses et des prix. Au niveau universitaire, les étudiantes du secteur représentent 15% des effectifs et leur part est en chute libre.  

Concernant la formation continue, il convient de faciliter et de valoriser les reconversions et l’insertion des jeunes dans le numérique grâce au mentorat ou via la Grande école du numérique, ce vaste espace de formations gratuites et labellisées ouvert en 2015, qui doit recruter 30% de femmes (c’est un quota) et n’y parvient pas.

La Grande Ecole Numérique cherche à  recruter 30% de femmes par an et n'y parvient pas-
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Il vise aussi à Inciter les entreprises du secteur à féminiser les recrutements et les postes à responsabilités.

Enfin, il cherche à booster la création d’entreprises du secteur (seulement 10% des start-up sont créées par des femmes) en accompagnant leurs projets (financièrement notamment)  et en développant leurs réseaux professionnels.

+ 2% par an

Les objectifs sont chiffrés : augmenter de 2% par an le nombre de femmes recrutées dans le numérique. Selon les signataires, si les femmes étaient plus présentes dans le numérique, cela permettrait aussi de lutter contre les stéréotypes du secteur – tous les développeurs (6% de femmes seulement) ne sont pas des no-life dingues de jeux vidéo -  et contre le cybersexisme ou la cyberviolence qui touchent bien plus les filles que les garçons.

Véronique Le Bris

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