Claudie Haigneré à la Cité des Sciences

Claudie Haigneré a été nommée présidente de la Cité des Sciences et de l'Industrie. L'ancienne ministre et astronaute avait été chargée de mission en vue de ”préfigurer le nouvel établissement public issu du regroupement du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l'industrie”.

Après deux voyages dans l'espace et deux ministères, Claudie Haigneré, 51 ans, se retrouve à la tête d'un établissement public. Celle qui a été la première astronaute européenne a été nommée, mercredi 15 avril 2009, présidente de la Cité des Sciences. Elle succède à l'ancien député UMP de la Mayenne François d'Aubert, nommé délégué général à la lutte contre les paradis fiscaux.

Surnommée «bac+17», Claudie Haigneré est une habituée des premières places. Bachelière à 15 ans, cette native du Creusot où son père était ingénieur, fait des études de médecine, elle enchaîne sept spécialités (biologie, médecine du sport, rhumatologie, médecine aéronautique et spatiale, etc.) Sa thèse de doctorat porte sur les neuro-sciences.

Mais depuis qu'à l'âge de 12 ans, elle a assisté aux premiers pas de Neil Amstrong sur la Lune, Claudie Haigneré est fascinée par l'espace. Elle se fait recruter par le Centre national d'études spatiales (CNES) en 1985 mais elle devra patienter onze ans avant de faire son premier vol à bord de la station russe Mir dans laquelle elle reste seize jours. Elle effectuera un second voyage dans l'espace en 2001 à bord de la station spatiale internationale (ISS).


Opposition du monde de la recherche

C'est en 2002 qu'elle entre en politique dans le gouvernement Raffarin comme ministre à la recherche et aux nouvelles technologies. Alors qu'elle avait précédemment refusé de répondre aux appels de François Fillon, elle se dit prête à ce type de responsabilités et «en harmonie avec les orientations de la droite». Mais ses projets de réforme se heurtent à une longue et farouche opposition du monde de la recherche. De 2004 à 2005, elle est ministre des affaires européennes.

En décembre 2008, le nom de Claudie Haigneré apparaît dans la rubrique des faits divers: elle est hospitalisée en urgence à la suite de l'absorption de médicaments. Son mari Jean-Pierre Haigneré, lui aussi astonaute et dont elle fut la «doublure» pour un vol spatial, dément qu'il puisse s'agir d'une tentative de suicide.

En mars 2009, elle est chargée de mission en vue de «préfigurer le nouvel établissement public issu du regroupement du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l'industrie», un regroupement des deux musées, annoncé par le président Nicolas Sarkozy le 12 décembre 2007. La tâche risque d'être difficile car le projet se heurte à l'opposition des personnels du Palais de la Découverte qui craignent «une absorption pure et simple (du Palais) par la Cité des sciences». Par ailleurs, une pétition signée par de nombreux scientifiques, parmi lesquels d'anciens Prix Nobel circule pour s'opposer à cette fusion.

Dans cette nouvelle fonction, Claudie Haigneré continuera sûrement à trouver un peu de temps pour lire de la poésie, de l'histoire ou regarder de la peinture, comme elle dit aimer le faire. Elle essaiera sans doute aussi de poursuivre son engagement dans différentes associations caritatives, notamment en faveur des enfants ou contre les maladies rares.

Par Françoise Merteuil

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