Ne manquez pas le voleur de fleurs au Musée Cernuschi !

L’œuvre de Walasse Ting témoigne des échanges culturels entre Chine, Europe et Amérique. Le musée Cernuschi possède 80 peintures de Walasse Ting qu’il montre au public, c’est une première! Vous avez jusqu'au 27 février pour les admirer.

Walasse Ting, le voleur de fleurs, au Musée Cernuschi

Un pionnier de l'art contemporain chinois

Dans les années 1990, l’art contemporain chinois émerge sur la scène internationale. En France, on connaît mieux le maître Zao Wou Ki ou encore l’artiste Chou teh chun qui ont nourri l’Ecole de Paris de leurs traditions tout en y puisant pour la leur.

Walasse Ting comparaît aujourd’hui pour devenir un autre des pionniers chinois de l’art moderne.

Walasse Ting, 1980 Photo Marc Trivier© Marc Trivier Walasse Ting

Walasse Ting - BIO EXPRESS

Né à Shanghai en 1928 , il quitte la Chine pour Hong-Kong en 1946. Il vit et travaille à Paris à partir de 1953 puis se rend à New York en 1957 et enfin à Amsterdam en 1986. Il meurt à New York en 2010.

A son arrivée en France alors que l’Ecole de Paris tente de reprendre sa place de leader face l’Amérique, Walasse Ting rencontre le groupe CoBrA.

Le groupe CoBrA est un mouvement artistique (1948-1951). A Bruxelles, des artistes Danois (Asger Jorn, Carl-Henning Pedersen, Henry Heerup, Egille Jacobsen), Belges (Christian Dotremont, Joseph Noiret), Hollandais (Karel Appel, Constant,Corneille) s’allient et rejettent la culture rationaliste européenne pour rechercher des formes artistiques hors normes et non conventionnelles et expérimentent la nature de l'individu et son psychisme à travers l’art.

 

A Paris dans les années 1970, la France intellectuelle et esthète accueille avec enthousiasme la pensé Bouddhiste zen taoïste, la calligraphie japonaise et chinoise. Le Paris artistique est par ailleurs dépassé par l’Amérique.

Walasse Ting de par ses origines et périgrinations se situe artistiquement à ce croisement de l’histoire.

Walasse Ting, Chineses City, 1959 huile sur toile, 230 x 180 cm The Estate of Walasse Ting ©The Estate of Walasse Ting/ADAGP, 2016/Photo John Sturges

Entre les codes de la peinture chinoise et l’Action painting de J. Pollock , l’expressivité du geste pictural de Walasse Ting l’emporte

 Photo CB vue de l’exposition.

L’expression corporelle est une donnée traditionnelle de la peinture orientale.

L’individualisme du geste et l’abstraction sont deux marqueurs de la peinture du XXème siècle.

Walasse Ting réalise des projections de peinture ou d’encre noire sur des supports neutres en combinant les traditions.

Paysage, 1970 , Encre sur papier 185,7 x 95,7 cm Paris, musée Cernuschi ©Musée Cernuschi/Roger-Viollet The Estate of Walasse Ting /ADAGP, 2016

Walasse Ting appose un sceau gravé de sa création et signe de la tradition dans la peinture chinoise. Il lui arrive de présenter ses peintures en rouleaux et d’adjoindre des inscriptions à la main. L’abstraction voisine avec des pictogrammes, l’écriture et les signes.

Où êtes-vous ?

Walasse Ting se lancera dans des réalisations collectives qui satisfont à la tradition chinoise des peintres lettrés. 

Photo CB vue de l’exposition.

Peinture signée  « Aleching ». Traduction : contraction des deux noms, Pierre Alechinsky / Walasse Ting.

Une nouvelle personnalité, une identité artistique hybride annulant cet individualisme tant recherché par les peintres du XXème siècle sugit.

Ils avaient en commun : l’amour de la couleur et de partager les pratiques asiatiques de l’art du pinceau.

Il n’y a pas un partage des taches mais plutôt l’idée d’une œuvre à 4 mains, d’un dialogue.

One Cent Life (1964) est un autre projet qui réunit Pierre Alechninsky, Asger Jorn, Robert Indiana, Robert Rauschenberg, Andy Warhol,…

De l’expressionnisme abstrait et du « Pop Art » WalasseTing en conserve le parfum.

« L’artiste a une idée et cela devient 17 tonnes de papier qui font 2100 livres, chaque livre un bébé de 9 livres et 27 artistes comme parents… » Walasse Ting

 

Le féminin pour Walasse Ting : une fleur

« Moi, le grand voleur de fleurs » Walasse Ting

En chinois cette image de fleur possède une connotation érotique évidente.

Love Me Love Me Séries 10, 1975 , Acrylique et crayon sur papier 69 x 103 cm The Estate of Walasse Ting ©The Estate of Walasse Ting/ADAGP,2016/Photo John Sturges

Walasse Ting effectue une mise en scène d’un visage de la féminité. La scène New Yorkaise fourmille de cette vision de la femme à travers l’expressionisme et le Pop art. Culte de la beauté « pop » ! Cernes fins et couleurs vives épurées. Projections colorées. Ses sujets licencieux parfois, l’acheminent vers des créatures hybrides. La femme est une tentatrice offerte, une érotique aphrodite, une polissonne, une sexy aguicheuse, une explosion de teintes rose, vert pomme, jaune, bleu,… de courbes mouvantes. Mais enjambant par le haut ce sujet fétiche des fleurs qui se retrouve tapissant tous les murs de son atelier sous forme de photographies sexies inspirantes, l’artiste dit combien art et érotisme sont liés dans sa pratique.

Pour lui, acte sexuel et acte pictural sont identiques.

Son inspiration, il doit la trouver également, dans le Livre des Odes et des poèmes d’époque Tang (618-907) ou de l’époque Song (960-1279) et à la fin de sa vie, il médite Matisse.

Alors, il y a aussi des peintures de paysages, chevaux, oiseaux, insectes...

Il y a aussi MATISSE à la fin de sa vie qui l’emporte vers un classicisme très décoratif, somme toute.!

Sans titre (Femmes à l’éventail) vers 1975-1980, Encre et couleurs sur papier 78,5x96,5 cm Archives Pierre Alechinsky ©The Estate of Walasse Ting/ADAGP,2016/Photo Michel Nguyen
A savoir:

La Carte Paris Musés permet de bénéficier de l’entreé dans tous les musées de la ville de Paris et expositions emporaires et d’un coupe file www.parismusee.paris.fr 

Informations pratiques :
Exposition du 7 octobre 2016 au 26 février 2017 Musée Cernuschi 7 avenue Vélasquez 75008-Paris
Ouvert du mardi au dimanche inclus de 10h à 18h
cernuschi.paris.fr

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