Fondation Cartier : Beauté Congo 1926-2015-Congo Kitoko

André Magnin commissaire de l’exposition, raconte sa passion pour l’art congolais en évoquant comment à Kinshassa, sur les murs de la ville, des peintres publicitaires, décorateurs ou illustrateurs ont fait leurs ateliers.  

 Albert Lubaki, Sans titre, c. 1929 . Aquarelle sur papier, 52 × 65 cm . Collection privée et courtesy Galerie Loevenbruck, Paris ⁄ © Albert Lubaki . Photo © Fabrice Gousset, courtesy Cornette 
 

Il a été à la rencontre de ces « peintres reporters » et de bien d'autres et a approfondi la connaissance de tout un aspect de l’art africain qu’il nous fait découvrir aujourd’hui. Peinture, musique, sculpture, photographie, bande-dessinée révèlent l’art de la République démocratique du Congo à travers un siècle d’histoire .

 
Le premier âge de l’art moderne congolais apparaît à travers les œuvres sur papier d’Albert Lubaki, et d’Antoinette et de Djilatendo créées à partir de 1926. Découvertes par Georges Thiry, bon connaisseur de l’art occidental et de ses sources chez les primitifs africains.

Jean Depara, Sans titre, c. 1955-1965 . Tirage gélatino-argentique, 77 × 113 cm . Collection Revue Noire, Paris © Jean Depara 
Avec les photographies de Jean Depara et Ambroise Ngaimoko du Studio 3Z qui consacre les années 1950 à 1980, on découvre le monde de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes).

Moke, Sans titre  (Match Ali-Foreman, Kinshasa), 1974.  Huile sur toile, 88 × 166 cm  Collection privée / © Moke .Photo © André Morin
 S’ensuivent des peintres des années 1970 à nos jours avec une peinture figurative s’inspirant des évènements politiques et sociaux du Congo.

Photo.CB. Exposition Vue de la ville Fantome de Bodys Isek Kingelez.

La maquette monumentale et futuriste de Bodys Isek Kingelez portraiture la ville quand d'autres artistes  témoignent à travers des scènes de bar, fêtes nocturnes, rumba, Sapeurs, soit le monde qui les entoure.

« À mon arrivée à Kinshasa en 1987, je découvris « l’architecte maquettique » Bodys Isek Kingelez et le peintre Chéri Samba, dont Jean-François Bizot venait de signaler l’existence dans le magazine Actuel. J’avais devant moi toute une scène artistique que Chéri Samba avait qualifiée de « populaire » A.M.

 

Chéri Samba, La Vraie Carte du monde, 2011. Acrylique et paillettes sur toile, 200 × 300 cm. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris.

 « Lorsque j’entreprends un tableau, je définis le sujet, l’idée, le message, le titre même. L’image est clairement dans ma tête, même les couleurs… » Chéri Samba 

Monsengo Shula,  Ata Ndele Mokili Ekobaluka (Tôt ou tard le monde changera), 2014 Acrylique et paillettes sur toile, 130 × 200 cm. Collection privée / © Monsengo Shula 

« …J’ai bien sûr rencontré Pierre Bodo, Chéri Chérin, Ange Kumbi, Chéri Benga, Monsengo Shula, Sim Simaro, Maître Syms et Cheik Ledy. Ils faisaient appel, chacun à leur façon, à la mémoire collective, à l’histoire locale. » A.M.

 

L’omniprésence de la musique dans la vie urbaine qui est évoquée au fil de l’exposition à travers une sélection de chansons des années 1940 à nos jours musique urbaine tour à tour : jazz, la soul, le rap et la musique populaire, unique.

A l’aube de ces découvertes marquées par la rencontre de deux regards Europe-Congo qui après la seconde guerre mondiale s’est imposé de manière spectaculaire, cette exposition témoigne bien  des traditions dansantes avec la globalisation.

Kiripi Katembo, Tenir,  série Un regard, 2011 Tirage Lambda, 60 × 90 cm Collection de l’artiste, Paris © Kiripi Katembo

 

Fondation Cartier : Beauté Congo 1926-2015 - Congo Kitoko                                        
261 boulevard Raspail 75014 Paris                                                                                              
11 juillet-15 novembre 2015                                                                        
Fondation.Cartier.com

 

Par Caroline Benzaria

 

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