Venise, vue par Matteo, 8 ans

Paris. Deux graines de maïs dans le fond de mon sac... C'était Venise.
Une balade dans la cité des Doges avec mon petit-fils, 8 ans.




J'avais des souvenirs de palazzi superbes et hors du temps, de sculptures, de peintures, de beauté partout... Je reviens avec des images de pigeons, d'abord de pigeons, et aussi de vitrines remplies de gondoles dorées et de masques miniatures.

Matteo a été séduit par Venise. J'ai été séduite par notre découverte.
Matteo m'a dit que «Venise c'est la ville des pigeons, des ponts, et sans voiture donc sans pollution».

« La basilique San-Marco est très belle », me concède-t-il , venant m'y retrouver à l'intérieur pour quémander un autre euro, prix des graines de maïs, « mais tu sais, s'enthousiasme-t-il, les pigeons qui se posent sur ma tête, c'est trop ! et sentir leurs petites pattes courir sur mes bras, s'agripper sur mes épaules, sentir leur tête plonger dans mes poches , j'adore !»



Jeu de piste

J'ai appris que Venise, c'était d'abord un jeu de piste, en fait un labyrinthe géant, et qu' il s'agissait d'arriver à l'autre extrémité pour gagner , il fallait découvrir les indications « San-Marco » ou « Rialto », trouver les bonnes ruelles, les ponts adéquats, les « fondamentas », qui mènent au but (c'est-à-dire aux pigeons).

Nous sommes quand même tombés d'accord sur « une ville sans voiture, c'est génial ».

Vitrines de souvenirs

Mais nous avons divergé sur les vitrines de souvenirs. «Regarde comme c'est beau, les masques, et il y en a partout partout», me disait-il, tout excité, s'arrêtant devant toutes les boutiques de souvenirs les plus kitch (et elles sont nombreuses ! ). « Et puis c'est pas cher, deux euros ! Je vais en rapporter à mon frère et maman et papa. »

En deux jours, nous avons dû déambuler dans vingt boutiques, chacune consciencieusement explorée, laissant de côté les quelques masques à plumes, mais analysant dans le détail les dorures, les rubis, les diamants... des séries des petits masques de 6 cm.



« Mais quand même », a-t-il convenu dans la longue conversation téléphonique avec ses parents sur le pont du Rialto, « tout est pareil, les marchands sont tous dehors. Et les ponts, ils sont pas comme chez nous, ils sont tout petits, au début il y a des marches pour monter, et puis c'est plat, puis des marches pour descendre. »(fig)

Vaporetto

Venise, en décembre, quand il fait beau, c'est du pur bonheur. Les balades en Vaporetto, à condition d'être sur le pont, gardent leur aura d'aventure et de découverte , je regardais défiler les palais du grand canal, ou les amoncellements des docks de Viareggio... Matteo m'a pris par la manche. « Moi, tu sais , me confie-t-il, j'aime bien quand il s'arrête, que le Monsieur qui conduit lance la grosse corde et l'enroule sur le morceau de bois du quai, qu'il fait glisser la barre de métal qui ferme l'entrée, même s'il me dit de me reculer pour ne pas tomber , et j'aime bien quand on est hors de Venise, dans la mer .... »

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-Réveillon à Venise


Des pâtes

«Et qu'as-tu mangé a Venise ?» a demandé sa mère, « oh, c'était très bon : des spaghettis sauce tomate, et puis carbonara, et puis au saumon, et puis avec de la crème...» Et quoi d'autre, dit celle-ci un peu inquiète de la diététique de son fils ? «eh ben, des glaces !»

Nous sommes rentrés en France par le train de nuit, qui, par chance, comporte un wagon restaurant. Avec des pâtes bien sûr!



Par Christine Nathan

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