L’infertilité tardive, un risque à ne pas négliger

Alors que les femmes ont tendance à vouloir des enfants de plus en plus tard, elles sont souvent rattrapées par la réalité médicale : les grossesses tardives s’avèrent parfois difficiles, voire impossibles.

Avant qu'il ne soit trop tard

« Pendant deux ans, on a laissé venir. On se disait “ça arrivera quand ça arrivera”, mais ce n’est pas arrivé».  Comme beaucoup de femmes, Gwenaëlle a choisi de prendre son temps avant d’avoir un enfant. Après avoir rencontré son mari à 27 ans, elle a eu envie de profiter de la vie avant de fonder une famille. « On était tous les deux saisonniers et on n’avait pas envie de se poser trop vite. Quand j’ai eu 34 ans, on s’est sentis prêts et on a décidé de faire un bébé»,  raconte-t-elle. 

L’infertilité tardive, un risque à ne pas négliger - Tout Pour Les Femmes

Mais tout ne se passe pas comme prévu. Le couple patiente, tranquillement, puis commence à s’interroger.  Après deux ans, ils se décident à consulter puis reçoivent la nouvelle comme un coup de massue : Gwenaëlle est victime d’infertilité tardive. Elle a trop attendu. Son corps souffre d’insuffisance ovarienne, autrement dit, il produit des ovocytes (cellules reproductrices féminines) de trop mauvaise qualité et en trop faible quantité.

Eviter de prendre des risques

« La théorie veut que l’infertilité survienne 10 ans avant l’âge de la ménopause. Mais il y a de très grandes variations d’une femme à l’autre, donc il ne faut pas prendre de risques », souligne François Olivennes,  gynécologue obstétricien, spécialiste de l’infertilité. « De plus en plus de femmes pensent qu’elles peuvent faire un bébé à n’importe quel âge en se disant que la science pourra compenser».

En effet, cela a été le réflexe de Gwenaëlle. « Je n’avais jamais entendu parler de ce problème et pour moi, ça a été un choc quand j’ai compris que je ne pourrai jamais concevoir un bébé naturellement. Mais quand on est arrivés au centre de procréation médicalement assistée, on n’était pas vraiment inquiets. On était convaincus  que les fécondations in vitro (FIV) se faisaient facilement de nos jours et que ça serait la solution à notre problème. »

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Aujourd’hui la jeune femme a 38 ans mais toujours pas d’enfants. Après des tentatives de FIV ratées et une inscription sur la longue liste d’attente des bénéficiaires au don d’ovocytes (entre deux et cinq ans en moyenne), Gwenaëlle décide de se rendre en République Tchèque. « Puisque là-bas le don est rémunéré, on peut y avoir accès beaucoup plus rapidement, mais ça représente un gros budget, de 4.000 euros environ. » Avec l’aide financière de ses parents et une allocation de 1.600 euros de la Sécurité sociale, elle fait une tentative. « Le taux de réussite annoncé est de 60% et pour moi, ça n’a pas fonctionné. Mais je continue à y croire, on a déjà prévu d’y retourner au mois de novembre prochain », assure Gwenaëlle.

Mettre toutes les chances de son côté

Un parcours coûteux et compliqué auquel de plus en plus de femmes risquent d’être confrontées. En effet, la moyenne d’âge de la première grossesse a considérablement évolué au cours de ces dernières décennies, passant de 24-25 ans, à 30-31 ans. Or, les chiffres sont clairs : si une femme de 25 ans a 1 chance sur 4 de concevoir un enfant, les probabilités chutent à 1 sur 8 à partir de 35 ans, et seulement à 1 sur 12 après 40 ans.

« Je considère que les femmes ne sont pas du tout assez prudentes à ce sujet. Pour éviter qu’elles n’aient de mauvaises surprises, je les encourage vraiment à faire des enfants sans attendre, insiste le docteur Olivennes. Si ce n’est pas possible, alors il faut être attentives et ne pas hésiter à faire des examens pour obtenir un bilan de fertilité. Dans un contexte de rapports sexuels réguliers, un couple qui tente de concevoir un enfant peut s’inquiéter au bout d’un an sans succès ou à partir de 6 mois si la femme a plus de 38 ans. »

De son côté, Gwenaëlle ne regrette pas d’avoir attendu. « Même s’il est clair que dans mon cas, ce n’est qu'une question de temps, on ne regarde pas en arrière, on est déjà assez torturés comme ça par ce qu’on traverse. Je n’ai que 38 ans et aujourd’hui encore, je ne pense pas être particulièrement en retard. Bien sûr, je ne veux plus perdre de temps pour me donner toutes les chances d’y arriver, mais je ne me considère pas responsable de ce qui m’arrive. Le seul regret que j’ai, c’est que personne ne m’ait avertie plus tôt de ce risque...».

Kristen Poels

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