Fratries: comment les gérer (partie 3)?

Dans cette dernière partie de la série "comment gérer les fratries", nous évoquons avec Isabelle Filliozat les différents types de conflits entre frères et soeurs, leurs causes et les meilleures façon de les résoudre de façon cosntructive. 

Psycho - Comment gérer les fratries (suite et fin) ?

Comprendre les conflits pour les gérer

« De toute façon, tu l’aimes plus que moi »

Isabelle Filliozat propose plusieurs réponses à ce sentiment si courant : soit l’empathie « Il y a sûrement quelque chose qui te donne cette impression ; tu peux m’en dire plus ? » ou alors l’humour (difficile avant l’âge de raison (7 ans) !). Commencer sa réponse par « je comprends que » ou « oui c’est vrai que » est déjà une forme de reconnaissance pour l’enfant. 

Portrait d'Isabelle Filliozat - Psycho - Gérer les fratries partie 3 - Toutpourlesfemmes 

D'où viennent les conflits ?

La première source de conflit est souvent liée à la différence d’âge. Expliquer pourquoi le petit frère a « besoin de gagner » ou que le grand « a le droit de se coucher plus tard » est une façon de dire « voilà la compétence que ton frère n’a pas et voilà pourquoi il se comporte de telle façon. »

Le sentiment d’injustice est aussi quelque chose qui fait partie de la vie.

Conflit de territoire

Le petit adore s’approprier les jouets du plus grand car c’est une façon pour lui de se rapprocher de son aîné. Il est important de délimiter les domaines d’appartenance de chacun et ne pas imposer le diktat « il faut prêter ! ». Permettre au grand de planquer ses affaires lui enseigne qu’il y a des frontières à respecter. Au lieu de lui imposer de céder son ancien vélo, nous pouvons lui suggérer de le donner lui-même ce qui créera un sentiment de générosité chez lui et le responsabilisera.

Poser des mots

Poser des mots sur une situation et raconter ce à quoi on assiste comme scène rassure les enfants et leur prouve que l’on fait attention à ce qui se déroule. « Je vois deux sœurs se bagarrer pour un élastique rose… ». Cela permet parfois de relativiser !
Il arrive aussi qu’une bagarre soit destinée à attirer l’attention d’une tierce personne, souvent l’un des parents.
La solution ?
Donner une sensation de sécurité aux enfants. La punition ne sert à rien ! L’enfant cherchera à éviter l’angoisse de la punition en la provoquant ou en mentant. Or, les punitions ne servent qu’à renforcer l’illusion de contrôle du parent. Fournir une attention individualisée en vérifiant qu’elle est bien reçue : donner « pareil » à chacun prive tout le monde ! Essayer que chaque enfant puisse verbaliser la dispute à sa façon. Tourner le conflit en jeu : exagérer avec humour. Et répondre au besoin sous-jacent. Proposer aux frères et sœurs de trouver eux-mêmes la solution à leur discorde. Et de trouver un consensus plutôt qu’un compromis. Ils auront le sentiment d’être chacun respectés dans leur désir. Cela leur permet d’apprendre à écouter l’autre et de se découvrir dans ses envies et ses frustrations communes.

Une fratrie, c’est avant tout un merveilleux espace d’entraînement à la vie ensemble et à l’amour !

Livre :
D. Johnson, HF Neville A chacun son caractère
Ateliers :
http://parents-theses.be

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