Spectacles à voir : notre sélection de rentrée

Ça y est, c’est la rentrée ! Rangez-moi tout de suite cette nostalgie des vacances, car avec la réouverture des écoles viennent aussi les nouvelles saisons danse et opéra. Voici une sélection de spectacles pour vous redonner le sourire et bien commencer l’année !

Le Sacre du printemps & Common grounds à la Villette, pour ressentir la puissance de la danse contemporaine

La danse contemporaine a parfois mauvaise presse : on lui reproche alors d’être très intellectuelle et peu accessible aux non-spécialistes. Pourtant, si la démarche assez abstraite de certains chorégraphes peut en effet dérouter les non-initiés, d’autres ont su par une danse brute et puissante toucher de larges publics. C’est le cas de Pina Bausch. Son Sacre du printemps, créé en 1975, a éclipsé tous ceux qui l’avaient précédée depuis la création par Nijinski en 1913 du ballet relatant le sacrifice païen d’une jeune fille.

Sur un plateau recouvert de tourbe noire, Pina Bausch fait le choix de se concentrer sur la désignation par le groupe d’une Élue dont le sacrifice est symbolisé par une robe écarlate. La chorégraphie, qui demande aux interprètes un total engagement, dégage une puissance qui ne laisse personne indifférent. Dansé par les plus grandes compagnies, ce Sacre est cette fois interprété par des interprètes venus de quatorze pays africains, qui font preuve sur scène d’un magnétisme à la hauteur de l’œuvre.

 

Le programme est complété par Common grounds, une réflexion autour de la danse et de la vie créée par deux grandes dames de la danse sur le continent africain, Germaine Acogny, et Malou Airaudo.

Pina Bausch, Germaine Acogny & Malou Airaudo,

Théâtre de la Villette - du 19 au 30 septembre 2022 (durée 1h35) – 32 à 40€

https://www.theatredelaville-paris.com/fr/spectacles/saison-2022-2023/danse/le-sacre-du-printemps-common-ground-s-2

 

Le Ballet de l’Opéra de Paris à Aix en Provence, pour découvrir la compagnie parisienne hors les murs

Toujours dans le registre de la danse, mais cette fois-ci à la limite entre classique et contemporain, le ballet de l’Opéra de Paris inaugure enfin un format de tournée permettant de faire découvrir son travail aux non parisiens. La compagnie présentera ainsi à Aix en Provence quatre œuvres de chorégraphes qui font maintenant partie intégrante de son ADN.

En particulier, The Vertiginous Thrill of Exactitude est une chorégraphie emblématique du style de William Forsythe, célèbre chorégraphe américain dont les œuvres sont souvent dansées à Paris. Il se repose sur une base académique tirée de la danse classique, y compris l’utilisation des chaussons de pointes, pour pousser les corps au maximum de leurs capacités dans des enchainements souvent virtuoses et enlevés. Les tutus fluos et la chorégraphie qui détourne le langage classique dans un tourbillon très entrainant plairont à tous les publics.

Après la douceur classique des Trois Gnossiennes de Hans Van Manen et les notes plus contemporaines de Alan Lucien Oyen, c’est surtout The Season’s Canon qui constituera le clou du spectacle. Cette courte pièce de la canadienne Crystal Pite a été un triomphe lors de sa création sur la scène de l’Opéra de Paris, et pour cause : aucun chorégraphe ne sait comme elle faire dialoguer les corps, et ses ensembles dont ressortent toujours des individualités sont hypnotisants. Un programme à ne pas manquer !

Ballet de l’Opéra National de Paris

Grand Théâtre de Provence - du 22 au 25 septembre 2022 - de 15 à 60€

https://www.lestheatres.net/fr/a/3651-ballet-de-l-opera-national-de-paris

 

La flûte enchantée à l’Opéra Bastille, pour revoir ses classiques

Par quel spectacle commencer lorsque l’on souhaite découvrir l’opéra ? Et bien, par l’un des plus connus ! La flûte enchantée, peut-être le plus célèbre opéra de Mozart, est un monument, ce qui est déjà en soi une bonne raison pour le découvrir. Justement, il fait partie des spectacles donnés à l’Opéra Bastille cet automne.

Ce conte initiatique, chanté en allemand, est le dernier opéra de Mozart, composé juste avant sa mort. Il relate les épreuves imposées au noble Pamino pour mériter la main de Tamina, tout juste délivrée des mains de son ravisseur ; le tout orchestré par l’énigmatique Sarastro. Mais l’œuvre ne serait rien sans les personnages de Papageno, l’attachant et maladroit oiseleur, et de la célébrissime Reine de la nuit et son redoutable air, peut-être le plus connu de l’histoire de l’opéra, qui repousse les limites des aigus et demande une technique vocale impeccable.

L’histoire, qui fait la part belle au merveilleux, est de nature à réunir des publics de tous les âges. Cependant, la mise en scène moderne et relativement dépouillée de Robert Carsen, reprise cette année, attirera moins l’intérêt des plus jeunes, mettant en avant les aspects les plus sombres de l’œuvre. La mise en scène propose en effet une lecture tournée autour de la mort, parfois un peu en décalage avec le livret, mais sans être trop pesante pour autant. Une production globalement intéressante si elle n’est pas la plus féérique, assez représentative de la tendance des dix dernières années en termes de scénographie, et surtout l’occasion de découvrir ou réécouter le plus célèbre des opéras.

La flûte enchantée

Opéra Bastille - du 17 septembre au 19 novembre 2022 (durée 3h05 avec un entracte) - de 15 à 209€

https://www.operadeparis.fr/saison-22-23/opera/la-flute-enchantee

 

La Cenerentola de Rossini à l’Opéra Garnier, pour réveiller ses rêves de princesse

 

La Cenerentola de Rossini à l’Opéra Garnier

Opéra National de Paris - La Cenerentola-2018-2019 © Emilie Brouchon

L’histoire de Cendrillon a inspiré cinéastes et chorégraphes, mais pas seulement. Rossini en a aussi fait un opéra, la Cenerentola, créé en 1817 à Rome et chanté en italien. Pas de magie ici ni de carrosse transformé en citrouille, mais la malice d’un vieux serviteur pour permettre à son maître d’épouser une âme désintéressée. Charmé par la générosité de la Cenerentola, esclave de son père et ses égoïstes sœurs tentant de faire l’aumône malgré sa pauvreté, il la fera inviter au bal, où continueront les jeux de déguisement.

 

Ainsi, grimé en valet, le prince tombera sous le charme de la Cenerentola, qui de son côté lui révèlera son amour sans connaître son rang, pendant que les deux sœurs tentent de séduire le valet se faisant passer pour le prince. C’est un bracelet, et non un chausson de vair, qui permettra au couple de se retrouver après le fameux bal, et la malheureuse promue au rang de princesse pardonnera à son ingrate famille. La magie d’un conte de fée pour adultes, donc, pour rêver à de nobles sentiments et savourer une happy end plusieurs fois centenaire.

La mise en scène de Guillaume Gallienne, pourtant, cherche là encore à mettre en valeur le côté sombre du conte, interrogeant la psychologie des personnages dans une lecture contemporaine, et plante le décor sur un volcan, image du bouillonnement intérieur de l’héroïne.

La superbe musique de Rossini fait la part belle aux ensembles sans omettre quelques airs reconnaissables (peut-être avez-vous déjà entendu Non più mesta), et promet une soirée agréable, qui plus est dans le somptueux cadre de l’Opéra Garnier. Idéal pour s’évader du quotidien de la rentrée !

La Cenerentola

Opéra Garnier - du 10 septembre au 09 octobre 2022 (durée 3h10 avec un entracte) - de 25 à 209€

https://www.operadeparis.fr/saison-22-23/opera/la-cenerentola

 

L.A Dance Project au Théâtre du Châtelet, pour une bouffée de style made in USA

Une autre façon de bien aborder la rentrée, c’est de découvrir le travail d’un chorégraphe star. Il faut dire que la réputation de Benjamin Millepied, danseur français installé aux États-Unis, tient chez nous autant à son mariage avec Nathalie Portman, sa participation à une publicité pour Air France et son passage éclair et controversé à la tête du ballet de l’Opéra de Paris, qu’à ses chorégraphies, peu connues dans l’hexagone.

Et pourtant, c’est bien par ses qualités de danseur et de chorégraphe qu’il s’est bâti un nom outre-Atlantique, et c’est la compagnie qu’il a créée à Los Angeles que le théâtre du Châtelet nous permet de découvrir cette saison. Son style, qui oscille entre un classique modernisé (surtout lorsqu’il chorégraphie pour des compagnies nationales) et une danse contemporaine enlevée qui n’est pas sans rappeler d’autres chorégraphes américains comme Edouard Lock, se veut très musical. S’il s’attaque parfois à des récits préexistants, comme avec Daphnis et Chloé créé pour l’Opéra de Paris, ou encore son Roméo et Juliette enfin présenté cette année après plusieurs reports pour cause de covid, c’est ici dans un registre non-narratif que l’on pourra admirer le travail de sa compagnie. Ses danseurs présenteront ainsi dans un premier programme sa création Be Here Now, tandis qu’un second programme mettra cette fois en valeur les œuvres de quatre autres chorégraphes américains.

L.A Dance Project

Théâtre du Châtelet - du 13 au 16 octobre 2022 (programme 1, durée 1h) - de 10 à 45€ et du 15 au 16 octobre 2022 (programme 2, durée 1h05) - de 10 à 45€

https://www.chatelet.com/programmation/saison-2022-2023/ladp-programme-1/

 

Allison Poels Toutpourlesfemmes

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