Vienne : vivre d'art et art de vivre

Vienne valse vers la modernité sous l’œil bienveillant des portraits de l’empereur François-Joseph Ier dont on commémore toute cette année 2016 la disparition, voici juste un siècle. Mais la tradition aussi reste forte dans cette ville de culture aux multiples surprises.

La nostalgie sereine

Le charme opère toujours à Vienne, nommée pour la septième année consécutive ville la plus agréable à vivre dans le monde par la société de conseil internationale Mercer.

Pour qui la visite une première fois, il y a quelques spots incontournables : l’hôtel/café Sacher, avec son célèbre gâteau au chocolat, qui, depuis 1876 reçoit toutes les célébrités du monde ; les palais impériaux de Schönbrunn et de la Hofburg dont on serait à peine étonnés, aujourd’hui encore, de voir s’échapper Sissi (même si, désormais, de simples quidams viennois peuvent y louer des appartements dans certaines ailes) ; la magnifique cathédrale ; la salle dorée du Musikverein où se déroule chaque année le concert du Nouvel An retransmis dans le monde entier.

Klimt, la valse et l'empereur

Et tout ceci ne tient pas compte du Belvédère avec son incomparable collection de tableaux de Klimt ou  des centaines de musées et leurs trésors. Ni d’une spécificité typiquement viennoise : la saison des bals viennois auxquels vous pouvez parfaitement participer à condition d’être en tenue de soirée et… de savoir un peu danser  (pas de panique de nombreuses écoles de danse peuvent assurer le rodage en quelques heures)

En cette année anniversaire, diverses expositions sont à visiter, dans les deux palais impériaux notamment, vous permettant d’entrer dans le banal quotidien aussi bien que dans l’exceptionnel de ce que fut François-Joseph Ier, l’empereur au long règne de 68 ans mais aussi l’homme.

Le café, ce haut lieu de rencontre

Et puis, à Vienne, il y a les cafés. Une centaine d’entre eux est désormais classée patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.  Au-delà d’une tradition, ils font partie intégrante de la vie de chacun. Dans les cafés anciens qui affichent volontiers un siècle et demi d’existence, on met ses pas dans l’histoire et dans la culture. Une fois que vous aurez choisi le café qui vous convient parmi la quinzaine de variétés proposées (petit noir, grand brun, mélange, capuccino, viennois etc,) appréciez le raffinement des lieux et percevez le fond de musique classique ou de jazz classique voire de valses viennoises.

Saisissez une des dizaines de tiges en bois soutenant les journaux du monde entier et songez qu’à cette même place peut-être, Stephan Zweig ou Gustav Mahler, Sigmund Freud ou Arthur Schnitzler étaient assis, abreuvant leur génie créatif aussi bien de cafés que d’une connaissance élargie du monde que la presse internationale, toujours présente, a rendue possible ici. 

Le mythique hôtel Sacher par exemple recèle la nappe que Anna Sacher avait eu l’idée déjà, au 19ème siècle, de faire signer par les célébrités.  Amie de la maîtresse de l’empereur François-Joseph, elle avait aussi chargé cette dernière de faire signer une serviette de table au monarque. La serviette, intégrée ensuite à la nappe, figure aujourd’hui en son centre.

Au restaurant Zum Schwartzen Kameel  fondé en 1618 on conserve discrètement un manuscrit de Beethoven recommandant à son neveu les saucisses et boissons  de l’établissement. Symbole vivant du couple que font les cafés de Vienne avec la culture, le 21 mars est décrété journée de la poésie et les cafés vous proposent de déposer un poème de votre création contre le prix de votre petit noir.

City break ou long séjour ?

Vienne peut se visiter en trois jours comme en une semaine. L’avantage de ces villes si concentrées en richesses est qu’on peut s’en régaler lors d’un simple city-break. Le réseau de transports publics (tramway, métro, autobus) conduit partout et très facilement. Un sentiment de sécurité s’y déploie : pas d’agressivité, pas de contrôles, pas de stress. Les salles de concert, d’opéra, de théâtre ont beau être pleines tous les soirs, vous trouverez presque toujours un billet de dernière heure.  

Rien qu’à admirer les façades baroques aux milliers de cariatides, les immeubles Art Nouveau, les parcs dans la ville, les palais impériaux, les boutiques si nombreuses dans la large zone piétonne autour de la cathédrale et les majestueux cafés, vous savez déjà que vous reviendrez. Il y a deux expressions qui caractérisent Vienne : la Gemütlichkeit (qui pourrait se traduire par sérénité, tranquillité) et Sehnsucht nach Wien (nostalgie de Vienne). Deux  vocables qui ne lâcheront plus. 

Y aller 

Vienne n’est qu’à 1h50 de Paris en avion et également accessible en train. Si vous ne réservez pas à la dernière minute, les tarifs sont très abordables.

Où loger? 

La proposition d’hébergements est vaste et à prix raisonnables. Les hôtels sont nombreux dans le centre de la ville et conformes à l’esprit de la ville. Vous y trouvez aussi bien les magnifiques hôtels à l’ancienne avec lustres en cristal, tapis et boiseries que les hôtels design plus originaux.

 Vienne, la nostalgie sereine - Toutpourlesfemmes  
L'hôtel  Grand Ferdinand

Dernier en date ouvert fin 2015, le Grand Ferdinand sur le Schubertring tout près de l’Opéra. La déco très contemporaine abonde en clins d’œil du mobilier des palais en version contemporaine. Une magnifique terrasse avec piscine sur le toit donne aux petits-déjeuners un air de fête. Et parmi les originalités du lieu, l’hôtel (non classé mais de l’ordre d’un bon 4 étoiles à 180 € la chambre de base) propose des dortoirs pour 6 ou 8 personnes qui ressemblent aux anciennes cabines couchette des trains de luxe et où vous payez juste le lit à raison de 30 € la nuit.

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Le dortoir pour 8 personnes de l'Hôtel Grand Ferdinand

Que voir? 

Il y a beaucoup trop à voir à Vienne pour en faire une liste exhaustive surtout pour un court séjour. Hormis les endroits cités dans tous les guides, voici 5 chemins de traverse :

1)  Les petites rues derrière la cathédrale où se trouvent de sympathiques boutiques de vêtements de créateurs,   plusieurs galeries d’art contemporain mais aussi l’une des maisons où Mozart a habité, transformée en musée

2)  Le café Supersense au 70 de la Praterstasse, à deux pas de la maison où Johann Strauss avait créé son Beau Danube Bleu,  est un drôle de café que le propriétaire a décoré avec une  foule de vieux objets : une imprimerie manuelle pour imprimer vos cartes postales,  une machine pour embouteiller des messages, un studio enregistrement dans une cabine téléphonique où vous pouvez graver votre voix sur un petit disque vinyle. Petits et grands sont conquis et restent très longtemps devant leur boisson chaude ou froide. 

3)  Manger à bon prix chez Konstantin Filippou qui a ouvert un bistro à côté de son restaurant étoilé dans Dominikanerbastei (konstantinfilippou.com) ou goûter à la cuisine très raffinée chez Skopik und Lohn dans la Leopoldgasse (skopikundlohn.com)

4) Les écoles de danse si vous avez envie de prendre un cours d’une ou deux heures de valse. C’est fort utile si l’on veut assister tôt ou tard à l’un des 30 bals viennois organisés entre janvier et mars chaque année. Ou tout simplement préparer un futur mariage. L’une des plus connues : Elmayer Tanzschule près du Palais de la Hofburg (elmayer.at)

5) Avec les enfants, un tour dans les magnifiques calèches et un spectacle de dressage des chevaux blancs de l’école espagnole d’équitation dans le manège impérial s’imposent.

Textes et photos Evelyne Dreyfus

 

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