Ouf, la Saint Valentin est passée !

Partager cet article 15 février 2016

Ouf, la Saint Valentin est terminée. Dimitri, le seul garçon de la rédaction de TPLF, nous livre une critique drôle et acide de la fête de amoureux.

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Dimanche 14 février, c’est le plus beau dimanche soir de l’année 2016, il sonne la fin de la Saint-Valentin. Je me sens encore collant de la gelée rose bonbon qui a dégouliné sur les réseaux sociaux, dans les rues, les magasins, les restaurants, les journaux télévisés, en couverture de nos magazines, à la radio, dans les cinés, les théâtres, chez les fleuristes, sur les sites de vente en ligne et même sur Google. De l’amour sur papier glacé à vous faire tourner une tête de consommateur effréné et écervelé. De quoi donner des hauts le cœur à tous les couples raisonnés de France et de Navarre. Et tant pis si la Saint-Valentin rappelle un peu plus aux célibataires qu’ils ne sont pas foutu de trouver l’âme sœur. Les occasions de les faire rentrer dans le tourbillon de la grande consommation ne manqueront pas. Que les plus jeunes célibataires se rassurent, elles pourront se vouer à un autre Saint, autrement plus festif mais tout aussi commercial, la Sainte-Catherine. Quand à celles qui ont passé le cap de la quarantaine, la machine marketing ne les a pas encore happées, sauf en tant que mère célibataire évidemment. La femme seule, sans enfants et libre, échappe elle, à toute emprise de festivité commerciale. C’est le prix de la liberté.

Mais, c’est enfoncer une porte ouverte de dénoncer les dérives marketing du 14 février. Il est entendu qu’il s’agit d’une opportunité supplémentaire de transcender l’être aimé. Bien-sûr que c’est beau de profiter de son jogging matinal pour ramener une petite rose, le sourire béat, à sa femme. Même si celle-ci fin d’être surprise alors qu’elle n’aurait pas manqué de vous le reprocher si vous ne l’aviez pas fait. C’est touchant de croiser tous ces hommes dans la rue un bouquet de fleurs à la main. Un bouquet qu’ils ramènent à la maison comme une baguette de pain. C’est beau de voir les restaurants bondés avec des tables pour deux ou les couples se regardent les yeux dans les yeux…pour une fois.  La Saint-Valentin se révèle parfois même être une parenthèse enchantée pour des binômes en perdition, embourbés dans un quotidien qui a tout éteint, à commencer par la flamme du romantisme. Une occasion annuelle pour les amants et les maris de réaffirmer leur amour à une femme qu’ils sacrifient parfois sur l’autel de l’ambition professionnelle.

Et ce serait inexact de rapprocher les origines de la Saint-Valentin aux Lupercales, comme certains aiment le faire pour décrédibiliser cette date symbole de l’amour. Même s’il faut le reconnaître, ces dernières, qui avaient lieu du 13 au 15 février, sont sans aucun doute beaucoup plus facétieuses. Les Lupercales datent de la Rome antique et célébraient le souvenir de l'allaitement de Romulus et Remus par une louve et rendaient aussi hommage à Faunus Lupercus, une divinité de la fertilité. Rien de bien méchant, somme toute, si ce n’est que ces fêtes se terminaient dans une ambiance de dépravation sexuelle généralisée. Cependant rendons à Saint-Valentin ce qui appartient à Valentin de Terni. Ce moine décapité le 14 février 269, pour avoir rendu la vue à la fille de son geôlier, Julia, qui était éprise de lui. Si l’amour rend aveugle Julia devait être l’exception qui confirma la règle. Ce qui est certes beaucoup moins burlesque que les Lupercales, mais autrement plus tragiquement romantique.

Mais en réalité que reste-t-il du romantisme sacrificiel de Valentin ou à défaut de la facétie des fêtes romaines? Rien sinon des roses inodores achetées hâtivement, des campagnes de marketing ornées de cœurs aux couleurs criardes, ou peut-être des petites annonces imprimées dans les journaux ou affichées sur les panneaux de Paris. La Saint-Valentin est à l’amour ce que le nouvel an est à la fête.

Alors vivement demain, que le sentiment amoureux puisse retrouver sa liberté à l’abri des campagnes de publicités et à la faveur des marques d’intentions spontanées. Et espérons que ceux qui se sont laissés emporter par le tourbillon du 14 février n’oublient pas au réveil du 15 de sublimer leur femme au quotidien sans attendre le chant,  charognard, de la prochaine campagne de la Saint Valentin.

Par Dimitri

Tags: #Amour#Saint Valentin#Dimitri

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