Diamants sur silicone

Un diamant enchâssé dans un anneau de silicone de couleur, interchangeable. C’est avec cette bague que la start up Anarchik entend bousculer les chemins traditionnels de la joaillerie.

Diamant et silicone. L’alliance inattendue de ces deux matières a trouvé sa concrétisation. Sous la marque Anarchik, un nom plutôt bien porté, deux jeunes créateurs ont façonné une bague, un petit bijou, qui bouscule les codes traditionnels de la joaillerie. La bague est faite d’un anneau de silicone dans lequel s’enchâsse une pierre, une vraie, fournie par les prestataires de la Place Vendôme et livrée avec un certificat d’authenticité.

L’originalité de ce bijou est de pouvoir s’accorder aux tenues ou aux envies de celle qui le porte : décliné en 20 couleurs – des classiques, des fluos, des pailletées - l’anneau de silicone, souple et doux au toucher, autorise toutes les fantaisies. Son élasticité s’adapte aux variations de diamètre du doigt. La pierre quant à elle, se clipse dans l’anneau ou se déclipse sans difficulté. Un procédé, désormais breveté et que signe une PME savoyarde.

Diamants, saphir, rubis etc

Depuis son lancement en mai 2013, Anarchik a élargi sa gamme de gemmes. Aux diamants, blancs et noirs, de tailles diverses, s’ajoutent d’autres pierres : rubis, saphir, améthyste…

En « désacralisant » le bijou, l’entreprise s’attache à rendre accessible le luxe de la pierre, aussi bien auprès de jeunes femmes, qui recherchent un bijou sans chichi, comme à celles de la génération de leurs mères dont les mains sont plus sensibles aux évolutions du temps. Un exemple : une améthyste et deux anneaux coûtent 119 €. Chaque anneau supplémentaire revient à 19 €. De quoi varier les plaisirs.

Bijou d’innovation

Ce petit bijou d’innovation est le fruit d’une rencontre, tout aussi improbable entre Andréa Baux et Cédric Derville. Andréa, 38 ans, trois enfants, a passé dix ans de sa vie professionnelle dans le monde du luxe, notamment au sein de Richemont, 2e groupe mondial après LVMH. Elle y a côtoyé les stars internationales de la joaillerie, de la mode, de la maroquinerie (Cartier, Van Cleef and Arpels, Piaget, Azzedine Alaïa, Chloé…). Cédric, 42 ans, deux enfants, a inscrit son parcours dans le monde de l’industrie. A la direction d’usines, il a œuvré à l’optimisation des processus de fabrication dans la plasturgie notamment, laquelle fournit les industries aéronautique et automobile en particulier.

Si la participation à un même MBA de l’ESSEC consacré à la création d’entreprise les a réunis, comment expliquer la convergence de chemins aussi différents ? Quelle alchimie les a menés ensemble à l’invention de bijoux, et au lancement d’une entreprise ?

Pour Cédric, « c’est le goût de la création. J’en étais frustré. Impliqué dans ma vie professionnelle à la rationalisation des méthodes de fabrication, cet espace de liberté qu’est la création me manquait. Même si je fais la cuisine et que j’y exprime une certaine créativité, j’étais à la recherche d’autre chose. »

Andréa de son côté, avait l’intuition de son devenir : 

« Je savais qu’un jour, j’allais créer une entreprise. Cette perspective était ancrée en moi depuis longtemps. ». D’autant que, ajoute-t-elle « les entreprises recrutent de moins en moins. Les jeunes sortent de l’école et vont tout droit à Pôle Emploi. A notre époque, il faut créer son job ».

Deux ambitions, deux sensibilités Anarchik est né de la convergence de ces deux sensibilités et ambitions. Pour Cédric, le processus de création du bijou, comme celui de la société se sont déroulés sans difficulté.

« On trouve tout en France ! Le design, la plasturgie, la production industrielle, le clipsage. On n’a qu’à se baisser pour trouver. J’en ai assez qu’on nous serine qu’il faut aller à l’étranger. Et créer une société, c’est très facile. » martèle Cédric Derville.

Sans modérer l’enthousiasme de son partenaire sur l’environnement de leur activité, Andréa Baux met l’accent sur sa dimension humaine :

« Au fond, le plus difficile est de persévérer et d’y croire quand son entourage familial, professionnel se montre peu encourageant. »

Anarchik a d’emblée choisi d’installer sa commercialisation sur le Net. Force est de constater, commente Cédric

« Les bijouteries sont des lieux peu fréquentés. C’est le cas des magasins installés dans les centres commerciaux, malgré leurs larges vitrines et portes ouvertes. C’est aussi celui des boutiques de ville. »

Cette première démarche, Cédric s’en félicite, étonné et ravi de compter 14000 « likeurs » sur la page Facebook de la société, dont des Vietnamiennes, des Afghanes, et 8000 « followers » sur Twitter. La petite entreprise vise clairement les marchés internationaux : Grande- Bretagne, Etats-Unis, Suisse, Roumanie puis le Moyen Orient. Simultanément elle noue des contacts avec les boutiques, développant auprès d’elles la facilité d’usage de cette bague dont la souplesse limite à trois le nombre de tailles et par là-même les stocks. Mais pour les produits innovants, l’accueil des professionnels n’est jamais simple : dans quelle case faut-il les ranger ? La bague Anarchik n’échappe pas à la règle. A la fois « anar » et « chic », est-elle un bijou ou un accessoire de mode ? A celle qui la portera d’en décider.

 

Par Elsa Menanteau

Le site internet Anarchik

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